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histoire des églises et chapelles de lyon

sieurs années. L’on y célébra la première messe le jour de Noël 1856. C’est un véritable bijou artistique dont on trouvera plus bas la description.

Mère du Sacré-Cœur put prier de longues années encore dans sa chapelle devenue l’idéal qu’elle avait conçu. Après avoir été réélue supérieure générale, comme pour la première fois, c’est-à-dire, unanimement, elle ne cessa de procurer le bien de sa congrégation, et, parla, celui de milliers d’âmes d’enfants. À sa mort, qui survint le 19 mars 1867, on remarqua que, par une faveur particulière, elle était née le jour de l’Immaculée Conception, et qu’elle décéda le jour de Saint-Joseph.

D’après une statistique datant de 1893, le nombre des religieuses de la congrégation était de 3.000. On estimait à 38.000 le nombre des enfants qui fréquentaient les écoles dirigées par les sœurs. L’institut possédait 366 établissements répartis dans les diocèses ci-après : Lyon, Autun, Ajaccio, Grenoble, Montpellier, Moulins, Tours, Valence, Digne, Limoges, Dijon, Nîmes, Carcassonne, Poitiers, Luçon, Angers, Amiens et dans l’Asie-Mineure : Adana, Césarée, Sivas. En 1891, répondant à l’appel du Révérend Père provincial de la Compagnie de Jésus, la supérieure générale a accepté la fondation de trois établissements dans les missions de l’Asie-Mineure, et déjà plus de 500 élèves fréquentent les écoles dirigées par les sœurs.

La chapelle des religieuses Saint-Joseph est de style roman. Dès qu’on y pénètre, on est frappé par l’heureuse disposition adoptée par l’architecte. L’espace disponible était relativement restreint, et la communauté fort nombreuse : aussi a-t-on décidé et réalisé la construction de vastes tribunes, les plus vastes peut-être des églises lyonnaises. L’architecte a, pour ce motif, été obligé de surélever la hauteur des voûtes, ce qui donne à l’intérieur de l’édifice un aspect de grandeur peu commun. Les tribunes sont soutenues par de belles colonnes suffisamment espacées pour ne pas masquer la vue d’ensemble.

Le chœur surtout est remarquable par la pureté de la ligne et les richesses dont on l’a revêtu. Les peintures dont on l’a orné sont l’œuvre de l’artiste Sublet et méritent une description détaillée.

Trois plans superposés partagent l’abside. Sur le premier, d’un mètre et demi de hauteur, sont peints neuf tableaux richement encadrés. Au centre, celui de la Nativité, où l’on remarque l’expression touchante du bœuf et de l’âne réchauffant de leur souffle l’Enfant-Dieu, et l’astre miraculeux qui projette des flots de lumière sur la crèche, à travers un groupe de quatre anges adorateurs ; à droite et à gauche, saint Pothin et saint Irénée, debout, ornés de leurs vêtements épiscopaux : le premier porte une croix et un tableau de la Vierge avec l’Enfant-Jésus, le second tient d’une main un livre et de l’autre la palme du martyre. Plus loin, à gauche, saint Joseph éveillé par un messager céleste et, en regard, à droite, la Fuite en Égypte. Suivent immédiatement, des deux côtés, saint François de Sales, second patron de la congrégation, et sainte Thérèse, modèle des religieuses. Le second plan, haut de soixante-dix centimètres n’est, à proprement parler, qu’une frise. La ville de Jérusalem peinte à gauche, la ville de Rome à droite, représentent l’ancienne et la nouvelle loi ; de chacune des deux cités symboliques sortent six agneaux allant se réunir, dans le centre, au Divin Agneau immolé, dont la tête auréolée