Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/365

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sainte-blandine

auprès du maire, et obtint qu’on exécutât un projet moins grandiose, qui n’exigeait qu’une dépense de 500.000 francs. Le conseil municipal vota une allocation de 125.000 francs, que le gouvernement refusa d’approuver. La révolution de 1848 vint compliquera situation, et quinze années s’écoulèrent sans que le projet fît un pas.

M. Dartigue, qui mourut le 27 septembre 1861, laissa à son successeur le mérite d’élever l’église matérielle. Le zèle de M. Merley triompha des obstacles, mais après qu’on eût abandonné l’ancien plan. Le nouveau curé commença, en avril 1863, la construction de l’église définitive ; les plans en avaient été fournis par M. Clair Tisseur, architecte lyonnais ; toutefois la flèche, le maître-autel et la chaire sont dus à M. Malaval. Le gros œuvre de l’église fut achevé en mars 1869 ; plus tard, en 1886, l’église ayant été complètement terminée et suffisamment décorée, on procéda à la consécration de l’édifice. La cérémonie fut présidée par Mgr de La Passardière. Le cardinal Caverot composa à cette occasion une inscription latine, que le curé de Sainte-Blandine fit graver sur marbre et placer dans la petite nef de gauche ; en voici la traduction : « Cet édifice a été consacré à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Hostie du Père céleste et prêtre éternel. Il est dédié à sainte Blandine, martyre, qui, à cause de son courage et de sa constance, mérita d’être appelée Mère des martyrs lyonnais. L’autel majeur a été érigé en l’honneur de la même Blandine, vierge et martyre, aux frais de la généreuse dame veuve Constance Limousin. Église et autel ont été consacrés, à l’époque des fêtes du jubilé, par I. F. X. Jourdan de La Passardière, évêque de Roséa et auxiliaire du cardinal Caverot, archevêque de Lyon, le 27 juin 1886, au milieu d’un immense concours de prêtres et de fidèles. »

En juillet 1891, on bénit la croix placée sur le sommet de la flèche, élevée par M. le curé Vindry, aujourd’hui vicaire général. L’ancienne église avait été achetée par M. le lieutenant Gourguin et disposée en maison d’habitation : en 1899, M. le curé Faurax obtint de ce propriétaire la croix de fer qui surmontait la chapelle provisoire, et la fit placer au fond de la grande nef de l’édifice actuel.

L’église Sainte-Blandine est un remarquable monument gothique. Dégagée de toutes parts et construite au milieu d’une vaste place, elle s’impose à l’admiration du visiteur par ses justes proportions, la pureté de ses lignes, et par la flèche élancée qui surmonte la façade. Au-dessus de la porte principale, à l’extérieur, se voit un bas-relief représentant sainte Blandine exposée dans l’amphithéâtre et respectée par les lions.

Le grand autel offert, comme on l’a dit, par madame veuve Limousin, est de marbre blanc ; il est orné d’un bas-relief : le Christ couronnant sainte Blandine et saint Pontique, tandis qu’aux deux extrémités de l’autel se tiennent l’ange de la douleur et l’ange de la paix. Les stalles ont été données à M. le curé Faurax pour ses vingt-cinq ans de prêtrise. Au fond de l’abside, décorée d’une boiserie, se voient les orgues, œuvre de Merklin, offertes par M. le curé Vindry et M. A. Descours, installées par M. le curé Nilellon. Les barrières du chœur ont été données par M. Satre ; la table de communion offerte par les vicaires de la paroisse à M. Nitellon pour ses vingt-cinq ans de prêtrise.

Les basses nefs ne contiennent chacune qu’une chapelle orientée comme le grand autel, et entourée, comme le chœur, d’une boiserie. À droite, c’est la chapelle du Sacré-