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histoire des églises et chapelles de lyon

particulièrement pour les prêtres, en instruisant chrétiennement les enfants pauvres et en s’efforçant de ramener à Dieu par la charité les âmes oublieuses de leur principe et de leur fin. Dans ce but, elle s’adjoignit deux compagnes, Pauline Chicard et Jeanne-Victoire Gueiseler. Mais son dessein fut retardé par les empêchements que suscitèrent les parents de Mlle Gueiseler.

Chapelle de Marie-Thérèse.

Le 15 octobre 1815 enfin, naquit l’institut de Marie-Thérèse, jour où le vénérable archevêque de Bordeaux, monseigneur d’Aviau du Bois de Sanzay imposa le voile blanc aux trois jeunes filles ; Mlle Brochet de la Bochetière prit en religion le nom de sœur Marie de Jésus. Toutes trois s’établirent sans bruit, dans quelques étroites et pauvres chambres d’une maisonnette de la rue Mondenard, sur la paroisse Saint-Seurin, où elles restèrent vingt-sept mois, non sans y avoir ouvert, le plus tôt qu’elles purent, une classe gratuite pour les enfants pauvres. En janvier 1818, elles se transportèrent dans un logis plus grand et plus commode de la rue Saint-Étienne, qui faisait partie de la même paroisse, et M. Lespiaut vint habiter avec elles. Elles prospérèrent : les habitants de ce quartier, pourtant mal réputé, se laissèrent gagner ])eu à peu à la douceur et aux bons procédés de la nouvelle congrégation. La chapelle pouvait contenir quatre à cinq cents personnes : elles se remplit, et par l’autorisation de l’archevêque, devint église co-paroissiale en 1824. Les religieuses se multiplièrent sans que leur premier esprit diminuât.

En 1821, sœur Marie de Jésus commença ses voyages à Lyon, où il n’avait pas tenu à elle que fût établi le berceau de son œuvre et où elle voulait au moins fonder sa seconde maison : cela n’alla pas sans peine ; pourtant, en janvier 1824, grâce aux bons offices du chanoine Allibert, elle prit possession de l’ancien hôtel d’Albon dans la rue des deux