Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/383

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clercs de saint-viateur

M. Querbes naquit à Lyon en 1793. Après une sérieuse éducation cléricale, il fut nommé vicaire à Saint-Nizier, puis curé de Vourles, près de Saint-Genis-Laval, c’est dans cette modeste paroisse qu’il devait réaliser son dessein.

« Arrivé, dit-il, à Vourles, en 1822, je m’empressai de faire venir des sœurs de Saint-Charles qui y formèrent, l’année d’après, leur premier établissement dans notre canton. Dès 1824, je cherchais à procurer aussi aux petits garçons de ma paroisse le bienfait d’une éducation religieuse, et à me débarrasser de deux maîtres d’école indignes de leur profession. Ma demande d’un frère à M. Courveil, alors supérieur des Maristes, ayant été repoussée, je compris, dès lors, le besoin d’une institution religieuse qui pût envoyer un à un quelques-uns de ses membres jusque dans les campagnes les plus reculées.

« Cette pensée ne m’aurait pas laissé de repos si la Providence ne fût venue alors au secours de ma pauvre paroisse. Elle m’envoya un frère des Écoles chrétiennes, directeur d’une des écoles de Paris, qui me fit offrir, par un de ses parents, propriétaire à Vourles, de venir en diriger l’école à condition que je lui donnerais des leçons de latin. Ce bon frère, qui est aujourd’hui diacre au séminaire de Brou, devint mon chantre, sacristain, catéchiste, commensal et compagnon. L’impiété laissait déjà entrevoir le dessein de s’emparer des petites écoles et d’y transporter le théâtre de la guerre qu’elle fait à la religion. Aussi je me surprenais à songer combien il serait avantageux de procurer à mes confrères des maîtres et des compagnons semblables à celui que j’avais le bonheur de posséder alors. Ce n’était point une nouvelle congrégation religieuse qu’il me semblait nécessaire d’établir ; une simple confrérie de maîtres pieux et chrétiens pouvait répondre au besoin du moment. Ces instituteurs laïques, unis par les liens de la charité, eussent pu rester célibataires ou même s’engager dans les liens du mariage, sans cesser de faire partie de la confrérie.

« Vers la fin de 1826, après avoir terminé la construction de l’église paroissiale, j’exposai, en tremblant, ces premières pensées à M. Cattet. vicaire général, et à Monseigneur d’Amasie ; ce dernier goûta le projet et chargea M. Cattet de le suivre. Il fut d’abord convenu qu’on s’occuperait d’obtenir l’approbation du gouvernement. Une correspondance s’établit avec le ministre de l’Instruction publique. Après bien des ajournements et des délais, je partis pour Paris, en juillet 1829, avec la permission de Monseigneur, muni de lettres de recommandation du recteur de l’Académie et de M. de Verna. »

À toutes les observations qui, à Paris, furent faites à M. Querbes, il répondit, après avoir consulté M. Cattet, qui lui écrivait au nom de l’archevêque. Le 8 août 1829, le conseil royal de l’instruction publique, sur le rapport favorable de M. l’abbé Clausel de Goussergues, qui en était membre, rendit la décision suivante :

« Le conseil royal de l’instruction publique, vu le rapport qui lui a été présenté concernant les statuts de l’association établie à Vourles, département du Rhône, sous le nom de société charitable des écoles de Saint-Viateur, et destiné à fournir des instituteurs primaires pour le ressort de l’académie de Lyon ; décide que son excellence le ministre secrétaire d’État au département de l’instruction publique, sera prié de solliciter une ordonnance royale qui autorise ladite société et qui approuve les statuts dont la teneur suit :