Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/382

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
330
histoire des églises et chapelles de lyon

une somme de 500 francs en 1875, elles étaient cent soixante-quatorze. Ajoutons qu’en 1853 un établissement semblable avait été fondé à Paris.

La chapelle, de vastes dimensions, est l’œuvre de M. Sainte-Marie Perrin, l’éminent architecte de Fourvière, neveu de la fondatrice ; elle date de 1898. Dépourvue d’ornements superflus, toute sa beauté réside dans la pureté et la simplicité de ses lignes. Elle est à une seule nef, et ne possède ni transept ni chapelles. Le maître-autel de pierre est surmonté par un groupe admirable : une Pietà par Dufraisne. La Vierge, avec une expression de tristesse profonde, contemple son fils mort. La vue des souffrances de la Mère de Dieu est bien propre à inspirer des sentiments de résignation chrétienne aux pauvres Incurables qui viennent prier devant ce groupe. À droite et à gauche, deux anges de grandeur naturelle placés dans une niche tiennent l’un la couronne d’épines, l’autre l’inscription : Ecce homo. De chaque côté de l’autel, on a placé les statues du Sacré-Cœur et de Saint-Joseph. L’édifice est éclairé par sept baies qui y déversent une lumière abondante.

Dans la chapelle, enrichie d’indulgences accordées par les papes Grégoire XVI et Pie IX, on voit une plaque de marbre sur laquelle est gravée cette inscription modeste comme l’âme dont elle rappelle le souvenir : « À la mémoire de Louise-Adélaïde Perrin, fondatrice, en mars 1819, de l’établissement des jeunes filles incurables, née à Lyon, le 11 avril 1789, décédée dans cette maison, le 15 mars 1838. — Bienheureux celui qui étend sur le pauvre une charité industrieuse et intelligente : Dieu le délivrera au jour de l’affliction. Psaume XL, 4. »

CLERCS DE SAINT-VIATEUR

Une des heureuses caractéristiques du xixe siècle réside dans les efforts considérables qui ont été réalisés pour l’amélioration et la diffusion de l’instruction primaire, soit officielle, soit libre. Déjà, nous avons redit les travaux et les succès du Père Champagnat et des Petits-Frères de Marie, il nous reste à rappeler l’histoire d’un homme de bien, le Père Querbes, fondateur des clercs de Saint-Viateur, dont une partie s’occupe d’instruction, et l’autre veille à la bonne tenue des sacristies. Disons de suite que l’idée maîtresse qui a présidé à cette institution, a été motivée par ce fait que les congrégations enseignantes se refusaient à envoyer dans les petites campagnes moins de trois sujets éducateurs ; nombre de paroisses privées par là du bienfait de l’instruction chrétienne, purent ensuite s’adresser aux clercs de Saint-Viateur, qui étaient autorisés à aller seuls ou à deux.

Pour rédiger l’étude qu’on va lire, nous nous sommes servis d’un précieux rapport, écrit par le Père Querbes, et adressé par lui au cardinal de Bonald : c’est une sorte d’autobiographie.