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histoire des églises et chapelles de lyon

séminaire avec des classes depuis la sixième jusqu’à la philosophie, et y admirent seulement cinquante pensionnaires qui avaient chacun leur chambre. Cette maison eut l’honneur de compter quatre prêtres qui confessèrent la foi pendant la Révolution ; ce furent :

M. Guinand, né à Mornant, et de la maison de cette ville, pris à Lyon et y exécuté le 16 janvier 1794, à l’âge de 60 ans ;

M. Imbert, né à Lyon, professeur à Mornant, prisàSaint-Chamond, et exécuté à Feurs, à la fin de 1793, à l’âge de 65 ans ;

M. Leclerc, de Saint-Chamond, supérieur du séminaire de Mornant, condamné à l’échafaud, à Lyon, le 24 février 1794, à l’âge de 74 ans ;

M. Verne, du diocèse du Puy, professeur au séminaire de Mornant, fut pris au Puy, et y mourut en prison, à l’âge de 61 ans.

Le 12 juin 1796, les administrateurs du département du Rhône vendaient à Pierre Lassaveur, négociant de Lyon, la totalité des possessions des Lazaristes. Elles consistaient « en plusieurs maisons sur la montée Saint-Barthélemy, cours sur les derrières, église, maisons claustrales, terrasses, jardins, prés, verger, terres, allées et vignes au-dessus ». Ces propriétés étaient limitées : à l’est, parle pré et jardin du sieur Lortet et par la montée Saint-Barthélemy ; au midi, par les Récollets, une ruelle commune entre les bâtiments, et par la maison Olivier ; au nord-ouest, par la montée des Anges ; au nord, par la montée des Capucins, dite aujourd’hui montée des Carmes-Déchaussés et par les jardins de Lortet ; enfin, à l’ouest, par le jardin du même Lortet. Le tout contenait environ trente bicherées. Ces biens furent vendus 123.354 livres. L’acquéreur ne pouvait aucunement disposer des eaux de source, dont la propriété demeurait réservée à la nation ; il n’avait à exiger d’autres titres de propriété que ceux qui lui étaient remis à l’amiable. Enfin, on exceptait de la vente les livres de la bibliothèque des Lazaristes.

On sait que l’ancienne propriété des Lazaristes est aujourd’hui occupée par le grand pensionnat ayant appartenu aux frères des Écoles chrétiennes et maintenant dirigé par une Société civile. Lorsque nous étudierons l’histoire des établissements créés à Lyon, par les fils de saint de La Salle, nous aurons l’occasion de traiter plus amplement de cette maison.

En 1861, les Lazaristes furent rétablis à Lyon ; bientôt, l’Institut prospéra et s’agrandit. Le 23 janvier 1873, le supérieur général de Saint-Lazare était autorisé par le ministre des cultes à acquérir, au prix de 27.000 francs, de Mme veuve Regipas, un immeuble avec jardin situé 47 et 49, montée du Chemin-Neuf. C’est là que vécurent les Lazaristes, jusqu’au moment où, par suite d’une brutale expulsion, ils durent quitter, il y a trois ans, la maison où ils avaient fait tant de bien. Là se trouvait un personnel de neuf prêtres, occupés soit aux missions, soit au juvénat. Les Lazaristes donnaient une moyenne de soixante missions ou retraites annuelles. De plus, ils avaient la direction de soixante maisons de Filles de la Charité situées dans sept départements voisins du diocèse de Lyon.