Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/414

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histoire des églises et chapelles de lyon

tera sujette et soumise à notre autorité, visite, juridiction et de nos successeurs archevêques. Et copie de notre présente ordonance sera affichée dans ladite chapelle pour servir de règle à ceux qui y célébreront et qui ne pourront y célébrer s’ils sont étrangers, qu’ils ne se soient présentés au sieur curé du lieu qui examinera leurs lettres, pouvoirs et exeats. Donné à Lyon, dans notre palais et sous notre scel archiépiscopal, le neuf du mois de may 1738. »

De cette date jusqu’à la révolution, le culte se poursuivit paisiblement dans la chapelle domestique. Après la révolution qui avait fermé tous les oratoires, le domaine appartenait à Jean-Gaspard Myèvre, qui, le 12 avril 1803, adressa au cardinal Fesch la supplique suivante :

« Vous supplie humblement le sieur Jean-Gaspard Myèvre, propriétaire d’une maison de campagne à l’extrémité de la succursale de Vaize, de luy accorder la permission de faire célébrer la messe, le dimanche, pendant son séjour, dans sa chapelle cannonique à tous égards ; cette permission a été accordée sans interruption depuis 1737 à ses prédécesseurs et à luy successivement par les divers archevêques et grands vicaires de ce diocèse ; la dernière a été donnée par M. de Beauboisset pour Mgr de Mérinville. Je me flatte, monseigneur, que vous accueillerez d’autant mieux ma prière que j’ay chez moy ma belle-sœur infirme. »

Le lendemain, MM. Courbon et Renaud, vicaires généraux, accordaient l’autorisation « provisoirement pendant trois mois, à la charge de se pourvoir auprès du gouvernement de l’autorisation demandée ». Le préfet du Rhône, M. Bureaux-Pusy confirmait sa permission provisoire de trois mois le trois floréal, an XI.

Cependant M. Myèvre faisait des démarches à Paris, pour la reconnaissance définitive, et faisait agir M. Audo, ancien jurisconsulte, ami de David Portalis, lequel était chef de la comptabilité pour les affaires concernant le culte. Un si puissant appui ne pouvait rester vain, aussi le 13 floréal an XII, Portalis écrit-il à son ami la lettre suivante :

« Vous m’aviez chargé, monsieur, de la demande de M. Jean-Gaspard Myèvre, propriétaire à la montée de Balmont, commune de Vaize, département du Rhône. Vous avez paru mettre un grand intérêt à ce que cette demande fut favorablement et promptement accueillie par le gouvernement. Le rapport en a été fait au gouvernement, le 14 de germinal dernier, et approuvé le même jour. Lorsque l’expédition nous est parvenue, nous en avons fait passer une seconde expédition au citoyen préfet et à M. le cardinal archevêque de Lyon pour que l’exécution s’en ensuive. Quoique nous ne soyions pas en usage de délivrer des expéditions aux parties intéressées j’ai exigé qu’on m’en fit une exprés pour vous être présentée afin de vous procurer la satisfaction de l’offrir à votre ami pour lequel vous avez si fortement agi. Je suis charmé, monsieur, que vous m’ayez mis à même de pouvoir vous donner la preuve de mon vrai et sincère attachement. »

La chapelle de Balmont appartint en dernier lieu à M. Forestier à qui elle échut vers 1850, il y transporta l’œuvre des sourds-muets qu’il avait fondée tout d’abord aux Minimes. Il n’est pas de lyonnais de cette époque qui n’ait connu cette œuvre. M. et Mme Forestier