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la primatiale et ses annexes

préside à la distribution des sujets, particulièrement dans la décoration des portails latéraux, que l’on croit exécutée la dernière. Avec le temps, les traditions s’altèrent, les artistes qui avaient eu, pour ainsi dire, un répertoire ornemental peu étendu, dont on retrouve presque partout les Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I 0049.jpg éléments, interprétés d’une façon analogue, arrivèrent, au xve siècle, à faire de l’art pour l’art. De là, cet emploi de dragons et d’êtres fantastiques, dont les formes obéissaient au caprice de l’artiste et lui permettaient d’ordonner sans trop d’effort sa composition. Sous les voussures se déroulent des théories d’anges musiciens ou adorateurs, décapités hélas ! par les soudards calvinistes. Vides, sont les nombreuses niches, des personnages qui les peuplaient et contribuaient à donner de la vie à cette masse puissante , encadrée de tourillons octogones et qui revêt, dans la partie supérieure, un caractère féodal et militaire.

Un plâtre de style quelconque, de valeur nulle occupe le tympan du portail principal. Autrefois cette entrée était partagée par un pilastre que surmontait une statue de saint Jean, œuvre de Germain Pilon. Les chanoines firent abattre, en 1756, le pilastre qui gênait le passage du dais et des bannières dans les processions ; la statue, reléguée d’abord dans une chapelle, s’est perdue depuis.

La vieille basilique a plusieurs aspects. Aux jours d’hiver, aux heures sombres, ce sont des ténèbres grises, des pénombres mystérieuses, que colorent par endroits l’éclat discret des vitraux. Qu’importait celle demi-obscurité aux âges où le livre n’existait pas, où le clergé lui-même chantait l’office par cœur, où les fidèles s’associaient aux répons,