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la primatiale et ses annexes

de la nef, à baies pointues. La décoration des parties pleines offre cette particularité qu’on retrouve à la cathédrale de Vienne : une ligne d’arcatures simulées, avec frises formées d’incrustations en ciment rouge et brun. Ce genre d’incrustations décoratives, d’origine orientale, est spécial à notre région. M. Bégule, qu’on ne saurait trop citer quand on parle de Saint-Jean, n’en a découvert, en dehors des cathédrales de Lyon et Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I 0051.jpg de Vienne, que deux exemples : à Saint-Pierre-le-Bas, à Vienne, et, à Autun, dans les fragments d’un tombeau, dit de saint Lazare, démoli en 1766. Des inscriptions apprennent le nom du constructeur de Vienne, Guillaume Martin (1132), et le nom du décorateur d’Autun, Martin moine (1170). Il est à présumer que les deux artistes appartenaient à la même famille, les traditions de métier, au moyen âge, se perpétuant de père en fils. Les incrustations de Saint-Jean étant de la même époque , il ne serait pas impossible que l’un ou l’autre des Martin, ou un de leurs élèves, en fût l’auteur.

Au-dessous de ces frises incrustées, sur toute la longueur du pourtour, existe une seconde rangée d’arcatures aveugles, cachées, sur les côtés, par des stalles provenant de l’abbaye de Cluny, au fond, par une estrade en bois qui reçoit le trône de l’archevêque, aux jours de fête. Ainsi se trouve dissimulé ce qu’on appelait le presbytère : un double banc circulaire de marbre, faisant place, au centre, à une chaire de marbre aussi. C’était le siège de l’archevêque, lorsqu’il célébrait ; les officiants s’asseyaient à droite et à gauche. Le trône spécial qu’on élève à présent pour les messes pontificales date du rétablissement du culte et contredit aux traditions qui faisaient de l’évêque le premier entre ses pairs.

C’est contrairement encore aux traditions, et même aux règles liturgiques, que les stalles du clergé se trouvent placées derrière l’autel. Autrefois l’autel s’élevait au fond de l’abside, et les stalles se développaient par devant, faisant retour le long d’un jubé qui séparait le chœur de la nef. Ce jubé, abattu par les huguenots, avait été rétabli dans le goût de la Renaissance. Il a été détruit de nouveau sous la Révolution, ainsi que l’ancien autel, de formes très simples et qui, selon l’antique liturgie, ne recevait sa garniture qu’au moment des offices. Ce n’est qu’en 1746 que Saint-Jean adopta l’usage romain