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histoire des églises et chapelles de lyon

de calendrier ecclésiastique , rappelant aux clercs qui chantaient l’office sans l’aide d’aucun livre, la férie du jour. Une seconde restauration, avec de nombreuses additions, est faite, en 1660, par Claude Nourrisson ; on trouve nouvelle remise en état par Charny, en 1779. Depuis longtemps le mécanisme n’avait plus une marche normale ; il a été complètement rétabli, il y a dix ans, mais cette horloge, dont la sonnerie a pour objet d’annoncer l’heure des offices, se tait tout juste à ces moments.

Une visite de Saint-Jean est incomplète sans une ascension au clocher. Il est même bon de s’arrêter à mi-chemin et de parcourir le triforium ou tribune. C’est de là que l’œil peut saisir une ornementation fine et variée dont les détails échappent d’en bas, et contempler les beaux vitraux de l’abside. Bel âge pour l’art que ce temps où, dans l’unité de direction et dans un même sentiment d’harmonie générale, chaque artiste conservait son individualité et imprimait à son œuvre un accent personnel ! Notre temps est enclin à voir l’unité dans l’uniformité et comprend difficilement que la variété est un élément nécessaire de l’harmonie.

Avant l’occupation de Lyon par les calvinistes, la sonnerie comptait onze cloches : deux seulement furent laissées en place. La sonnerie fut rétablie avec six cloches, et c’est encore le nombre actuel. Deux sont anciennes : la Grosse cloche qui, dans son état présent, date de 1622, et le Quart-Sing — signum, signal — fondu en 1671. Une inscription latine indique que la Grosse cloche a été coulée en 1308, et baptisée sous le nom de Marie ; puis, après accident, refondue en 1555, et en dernier lieu en 1622. Le poids du métal est de deux cents quintaux. Au nom de Marie s’est joint, on ne sait comment, le nom de Thérèse ; d’où le dicton populaire :

Je m’appelle Marie-Thérèse.

Vingt milliers je me pèse :

Qui ne veut croire me repèse.

La sonnerie de Saint-Jean, comme sa liturgie, a conservé un caractère spécial, quoique, pour l’une comme pour l’autre, ce caractère se soit sensiblement altéré. C’est ainsi que l’ancien mode de sonner avec les cordes imprimait un demi-tour à la Grosse cloche et selon l’expression technique la « levait sur gorge » ; avec le nouveau procédé du balancement, on ne la sonne plus qu’en « vannant ».