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histoire des églises et chapelles de lyon

l’entretien de plusieurs prêtres. Ajoutez à cela les diacres et sous-diacres, en cours d’études : car le chapitre conserve sous sa direction le personnel parmi lequel se recruteront les serviteurs des trois églises. On comprendra qu’avec cette organisation, la liturgie s’accomplisse aux jours solennels, et simultanément dans les trois sanctuaires, avec toute la pompe imaginable.

Jusqu’au milieu du xviiie siècle, le costume des chanoines de Saint-Jean et des autres églises collégiales de Lyon consistait en une froche ou surplis, couvert, selon la saison, d’une aumusse fourrée d’hermine ou d’une chape de soie noire, bordée de rouge par devant. En 1748, sur les réclamations des chanoines qui déclaraient ce costume incommode et coûteux, le cardinal de Tencin approuva le port d’un costume qui est encore celui d’à présent : le surplis est remplacé par le rochet, et la chape par le camail bordé d’hermine. Depuis 1745, il s’y était ajouté une croix suspendue à un ruban couleur de feu et liseré de bleu.

Lorsqu’ils officiaient, les trois célébrants, prêtre, diacre et sous-diacre, portaient la mître ; les pierres tombales représentent toujours les chanoines coiffés ainsi. C’est un privilège qui n’a pas été rendu à leurs successeurs après la Révolution. Jusqu’au concordat de 1516, qui réserva au roi seul l’élection des évêques et abbés, l’ancien chapitre était en possession du droit d’élire l’archevêque. Ce droit n’était presque toujours qu’un vain mot, le prélat étant habituellement choisi par le Souverain Pontife.

Les archevêques de Lyon ne paraissaient guère dans leur cathédrale qu’aux fêtes solennelles où ils officiaient. Lorsqu’ils y venaient en dehors de cette circonstance, ils revêtaient le camail des chanoines et occupaient la stalle du doyen, qui, lui, prenait la stalle suivante. Pour les fonctions épiscopales, ordination des clercs et confirmation des fidèles, il y avait un évêque suffragant, généralement choisi dans un ordre monastique et résidant non dans le cloître, mais sur la rive gauche de la Saône.

Avec les temps nouveaux, tout a changé. Le domaine féodal de l’église n’est plus ; l’autorité seigneuriale de l’archevêque et du chapitre a disparu, les fondations et prébendes ont été englouties dans le cataclysme social de 1789 ; le titre de primat des Gaules que porte l’archevêque ne lui confère plus aucune juridiction sur les autres métropoles de la Gaule lyonnaise : du reste, les archevêques ne sont, en fait, aujourd’hui, que des évêques de première classe.

Néanmoins, le siège de Lyon reste environné comme d’une auréole, à raison de sa haute antiquité, de son origine quasi apostolique et de la place considérable qu’a toujours tenue Lyon entre les églises des Gaules. Le chapitre, très attaché aux traditions, conserve avec fidélité les rites propres à notre église ; c’est le seul qui ait maintenu la récitation intégrale de l’office quotidien, n’ayant jamais confié à des mercenaires ni le chant, ni aucune des fonctions du chœur.

Il est peu de fidèles qui n’aient assisté, un jour de fête solennelle, à cette pompe majestueuse qui accompagne la messe ; chaque ordre d’officiants est représenté par sept personnes ; l’archevêque lui-même, ou, à son défaut, le doyen est entouré à l’autel de six concélébrants. Et combien sont émouvantes les cérémonies de la Semaine Sainte, avec