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la primatiale et ses annexes

Chaque chanoine est seigneur mansionnaire d’une des trente-deux baronnies de l’église. Quelques-uns sont même titulaires de deux seigneuries, parce que très souvent le chapitre admet au canonical de tout jeunes gens, qui, tant qu’ils étudient et n’ont point reçu les ordres, n’ont pas de part aux bénéfices.

« À la fin du xviie siècle, dit Mgr Forest, un comte en dignité, après vingt-cinq ou trente ans, pouvait avoir huit mille livres de rente, un comte simple, trois mille livres. » Ces chiffres, multipliés seulement par quatre, Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I 0063.jpg représenteraient aujourd’hui de beaux revenus. Mais il faut tenir compte des charges qui grèvent ces bénéfices, chaque chanoine devant, notamment, fournir la table à un plus ou moins grand nombre de prêtres auxiliaires et de clercs.

Après les chanoines, viennent les quatre custodes. Deux remplissent les fonctions de curés dans l’église paroissiale de Sainte-Croix : des deux autres, l’un est sacristain de Sainl-Étienne et le dernier, trésorier de Saint-Jean. Ceux-ci sont de condition plébéienne et forment, pour ainsi dire avec les chevaliers, un corps de chanoines de second ordre. Les chevaliers, au nombre de sept, doivent être gradués en droit : à eux est confiée la poursuite de toutes les affaires litigieuses de l’administration temporelle. Custodes et chevaliers se recrutent parmi les perpétuels.

On nomme ainsi les prêtres chargés de chanter l’office qui se récite presque en entier de mémoire. Ils ont aussi, dans les derniers siècles où nombre d’étrangers au diocèse obtiennent le canonicat, à maintenir le cérémonial propre à l’église de Lyon. On les aj)pelle les << douze » quoique depuis le xvie siècle leur nombre ait été porté à vingt.

La récitation de l’office par cœur nécessitait une préparation longue et spéciale. Aussi les perpétuels ont-ils presque toujours débuté comme petits clercs ou clergeons. À cet effet, l’école cathédrale, plus couramment désignée sous le nom de Manécanterie, reçoit deux catégories d’étudiants : les douze clergeons en litre soumis à l’internat, et des externes, assez souvent pensionnaires chez un chanoine.

À côté de ce clergé, se trouve encore une centaine de prébendiers et prêtres habitués, attachés au ministère des chapelles et de nombreux autels disparus, placés sous le jubé ou simplement accolés à un pilier. Chacun de ces oratoires était doté de fondations pour