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histoire des églises et chapelles de lyon

les fabriciens avaient tenu à conserver ainsi le souvenir de ce prêtre à qui est due une grande partie des constructions et embellissements de leur église.

Du côté de l’évangile, s’ouvrent successivement trois chapelles : Saint-Michel, Saint-Joseph et les fonts baptismaux.

La chapelle Saint-Michel fut construite, à la fin du xve siècle, par Simon de Pavie ; elle est très élancée, et sa voûte est composée d’arcs multiples, s’entrecroisant et se perdant dans les colonnes des murs latéraux, ce qui indique la dernière période du gothique. Le mur d’ouest est percé de grandes baies ornées de verrières, œuvre de notre éminent collaborateur, M. L. Bégule ; elles ont été données par des paroissiens et notamment la famille de Longevialle. Les murs ont été décorés, par l’artiste Razuret, de fresques à ornements géométriques. Sur la paroi faisant retour du côté de la nef sont appliquées les grandes orgues construites par Cavaillé-Coll en 1866. Elles furent remplacées en 1880 par des orgues plus considérables avec double buffet, construites par M. Michel de la maison Merklin. Au-dessous de la chapelle est un vaste caveau, aujourd’hui muré, dans lequel se trouvent des cercueils et des ossements sans aucune indication.

Piscine du xve siècle dans la chapelle Saint-Michel de l’église d’Ainay.

La chapelle Saint-Joseph fut construite, en 1831, par M. le curé Ferrand et par lui dédiée en premier lieu à saint Martin. L’abside est décorée de colonnettes avec chapiteaux du xiie siècle, provenant de l’église Saint-Pierre-le-Vieux, aujourd’hui démolie. L’autel est de marbre blanc, entouré de peintures et dessins géométriques qui décorent le chœur et les murs de la nef.

L’édifice où se trouvent les Fonts Baptismaux termine la chapelle Saint-Joseph et communique avec elle par un large porche, dont les matériaux proviendraient, d’après Fleury La Serve, de l’ancienne abbaye d’Ainay. En voici la description. Le linteau supérieur est décoré d’une grecque de marbre, portant au centre la main de Dieu qui bénit. Les pilastres cannelés supportent un entablement très simple. Les chapiteaux sont intéressants ; une partie est ancienne, une autre a été refaite : à gauche se trouvent des animaux fabuleux, griffons, serpents et un berger ; puis Noé dans l’arche ; à droite, Jouas vomi par le monstre, puis la naissance de l’Enfant-Jésus ; enfin les bergers se rendant à l’étable. L’intérieur de l’édicule a ses quatre faces ornées d’arcades, soutenant une petite coupole à lanterne centrale ; les colonnes sont surmontées de chapiteaux du xiie siècle, provenant de l’Île-Barbe.

Il est temps de présenter au lecteur une description de l’extérieur du monument ; conduisons-le d’abord dans le porche sur lequel s’élève le clocher. De style primitivement roman, ce porche a été transformé au xiiie siècle en style ogival ; l’intérieur, de forme carrée, a des murs ornés d’arcades borgnes, avec voûtes à croisées d’ogives retombant sur les colonnettes des angles. À l’est et à l’ouest, deux portes donnent accès dans l’église et au dehors.