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religieuses de la sainte-famille

der de nouveaux établissements ; nombre de fabriques et d’usines demandèrent des sœurs de la Sainte-Famille pour diriger et surveiller leurs ouvrières : ces ateliers devenaient, pour ainsi dire, autant de succursales de la congrégation, puisque la règle de la maison-mère y était appliquée, avec toutefois les modifications nécessaires. D’autre part, de petites communautés privées demandaient à se réunir à la congrégation. En voici un exemple entre plusieurs. Mme Sanlaville, qui appartenait à une des familles les plus honorables de Beaujeu, avait réuni autour d’elle quelques orphelines auxquelles elle s’efforçait de communiquer les sentiments généreux qui l’animaient. Pour donner plus de consistance à son œuvre, elle s’adressa au fondateur de la Sainte-Famille et lui manifesta le désir d’entrer dans la congrégation avec sa petite troupe ; sa demande fut agréée, et plus tard, sous le nom de sœur Saint-Vincent de Paul, elle dirigea, en qualité de supérieure, la communauté où elle avait fait profession.

L’année 1856 marque une date importante dans l’histoire de l’institut. Par décret impérial rendu au palais de Saint-Cloud et portant la date du 17 novembre, la Sainte-Famille devint congrégation autorisée et acquit désormais une existence officielle. L’année suivante, la maison-mère quitta la demeure, trop étroite, qu’elle occupait aux Chartreux et vint s’établir dans une propriété, sur la colline dominant la presqu’île Perrache. Le nouveau local présentait une situation plus commode et des conditions plus hygiéniques. Aussi le noviciat et surtout le pensionnat purent-ils s’y développer largement. M. Pousset qui avait contribué à la fondation de nombreuses maisons de la Sainte-Famille n’avait pas voulu que son pays natal en fût privé. Dès les premières années de la société, il prit soin d’établir à Cordelles un essaim de la congrégation, dirigé, plus tard, par le propre frère de M. Pousset, en qualité d’aumônier. Dans cette paroisse les sœurs fondèrent une école de filles et un orphelinat d’où sortirent de nombreuses vocations religieuses. L’institut, dès lors en pleine maturité, étendait son champ au delà du diocèse : en 1883, l’année même de la mort du fondateur, la Sainte-Famille établit une communauté à Notre-Dame de Rochefort au diocèse de Nîmes, et deux ans plus tard, elle pouvait compter plus de quarante établissements répandus dans les grandes villes comme dans les modestes villages. Sans doute, les lois néfastes dirigées contre les congrégations enseignantes ont apporté le trouble et ont fermé bien des maisons, mais déjà il s’est constitué de nouvelles œuvres, les religieuses se sont munies de brevets hospitaliers et, somme toute, le bien se fera à nouveau, quoique sous une autre forme.

Le bâtiment occupé par les sœurs de la Sainte-Famille, 10, avenue Vailloud, quartier Saint-Irénée, fut construit par le docteur Millet qui y fonda un institut hydrothérapique. L’antiquaire lyonnais bien connu, M. François Morel, a bien voulu nous communiquer une curieuse estampe, gravée à l’occasion de la pose de la première pierre. On y apprend que l’institut de M. Millet ayant fait de mauvaises affaires, son immeuble fut acheté par les religieuses de la Sainte-Famille qui y installèrent leur maison-mère. Elles agrandirent l’édifice, et réparèrent magnifiquement la chapelle. Celle-ci occupe le centre du bâtiment ; elle est située au premier étage et on y accède par un large escalier. Dans le chœur semi-circulaire se trouvent deux statues du Sacré-Cœur et Notre-Dame des Sept-Douleurs.