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histoire des églises et chapelles de lyon

années après, la petite communauté se trouvait de nouveau dans un état florissant.

Pourtant, une chose lui manquait encore. Elle existait de fait depuis 1825, époque où les premiers vœux furent prononcés ; mais elle ne jouissait pas encore de ce qu’on appelle l’érection canonique, c’est-à-dire qu’elle n’avait ni autorisation, ni approbation des supérieurs hiérarchiques. En 1832, l’abbé Pousset, au cours d’une grave maladie, eut la pensée de solliciter cette érection auprès de Mgr de Pins, administrateur apostolique de Lyon ; sa crainte était grande de laisser sa communauté sans une autorisation régulière propre à assurer son existence. En conséquence la demande d’érection ainsi qu’un abrégé de la règle furent soumis au conseil archiépiscopal. La règle lut admise le 29 novembre 1832 ; Mgr de Pins donnait sa pleine approbation à la Sainte-Famille de Lyon et l’érigeait en congrégation diocésaine.

M. le chanoine Pousset, fondateur de la congrégation de la Sainte-Famille.

Cette société jouissait alors d’un plein développement, au point que Mgr de Forbin-Janson, évêque de Nancy, présidant une cérémonie solennelle de profession, comptait devant lui vingt-trois nouvelles religieuses ; ajoutons que cet accroissement n’a cessé d’augmenter. Par suite des événements sociaux et politiques comme aussi pour satisfaire aux besoins des milieux où se trouvaient les sœurs de la Sainte-Famille, celles-ci durent accepter des œuvres nouvelles non prévues dans le règlement primitif. Aussi, dans le cours des années, la première règle a-t-elle subi diverses transformations ; si bien qu’il parut bon au fondateur de la refondre et de la soumettre de nouveau à l’approbation de Mgr de Bonald, archevêque de Lyon : telle est la raison d’être de la nouvelle approbation canonique donnée en 1852.

Dans l’intervalle, en 1840, M. Pousset avait été chargé, par le prélat, du soin de diriger, comme supérieur général, toutes les maisons de la Sainte-Famille, alors au nombre de quatorze, sans compter diverses autres œuvres soutenues par l’institut, telles, par exemple, que les providences, fondées dans les petites villes du diocèse, où des enfants appartenant à des familles pauvres recevaient une éducation chrétienne et apprenaient un métier. Les désordres qui suivirent l’établissement de la république de 1848 devinrent funestes à la congrégation. On en était venu à persuader aux ouvriers que les providences où leurs propres enfants étaient accueillis par charité étaient nuisibles à leur salaire et qu’il fallait les supprimer. Aussi, aux jours d’émeute, vit-on des troupes d’hommes et d’enfants se ruer sur les providences, saccager les maisons, briser et brûler les métiers, seule ressource de ces asiles. La Sainte-Famille traversa de ce chef une crise terrible, et si elle ne succomba point, elle le dut au dévouement et au zèle de M. Pousset, dont l’énergie ranima les courages abattus, remit la règle en vigueur et procura à sa congrégation de nouvelles ressources.

Cette épreuve surmontée, il y eut recrudescence de vie dans la société. On vit se fon-