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carmes déchaussés

engagé à fournir l’autel et les ornements. Le 7 septembre 1730, on changea la balustrade de cette chapelle.

L’adoration des bergers (second fragment) (peinture de M. P. Borel).

Les archives mentionnent, le 14 juillet 1683, la concession de la chapelle Saint-Joseph à Annet Ranicie, bourgeois de Lyon. Celle-ci, située la première du côté de l’évangile, est, le 15 septembre 1635, concédée à demoiselle Pernette Boissier, veuve Gratiani. Le 12 août 1734, on passe une convention pour réparer, moyennant 2.000 livres, la chapelle Saint-Joseph, appartenant à Messieurs Albanet. Elle était ornée d’un remarquable Saint Joseph, œuvre de Perrier. À mentionner aussi la concession, le 15 septembre 1666, d’une chapelle près la porte des Trois-Maries à Jacques Regioli, bourgeois de Lyon.

Le grand autel, dont s’est enrichi depuis l’église de la Charité, était composé de deux ordres de colonnes en marbre noir avec des niches qui recevront, au xviiie siècle, les statues des quatre évangélistes, et de saint Pierre et de saint Paul, par le célèbre sculpteur Chabry. Le même sculpteur élèvera aussi une chaire en marbre rehaussé d’or, du plus bel effet, qui deviendra, après la Révolution, la chaire de la Charité. Enfin, dans le chœur, on remarquait, au milieu, un tableau de Dassier, deux de Sarrabat sur les côtés, et, dans la nef, une Descente du Saint-Esprit, copie médiocre du Guide, enfin trois bonnes toiles de Trémolières : Les Bergers à la crèche, La Purification, L’Adoration des Mages.

Parmi les objets précieux possédés par les Carmes, on mentionnera un crucifix de bois légué par Émeraude Rival veuve Taure aux religieux du Tiers-Ordre de Saint-François de la Guillotière ; il lui avait été donné par monseigneur Alphonse de Richelieu, archevêque de Lyon ; des pères du Tiers-Ordre, il passa aux mains des Carmes, le 27 janvier 1681. Ils possédaient aussi une relique de saint Jean de la Croix enchâssée dans un reliquaire d’arquemie, accordée à Rome le 7 juin 1727.

La chapelle des Carmes qui vient d’être démolie, mesurait 32 mètres de longueur sur 14 mètres 50 de largeur, et se composait d’une seule nef et des quatre chapelles latérales, dont il sera question plus loin. Elle était dédiée à Notre-Dame du Mont-Carmel.

Le maître-autel était orné d’un bas-relief représentant la sainte Vierge donnant le scapulaire au bienheureux Simon Stock, Carme. Le chœur était décoré de trois statues : Notre-Dame du Mont-Carmel, saint Jean de la Croix et saint Élie. Au sommet de la nef, près de la voûte, se trouvaient six grandes statues dont le style accusait le xviiie siècle : à droite, saint Paul, saint Marc et saint Jean ; à gauche saint Pierre, saint Matthieu et saint Luc. Deux tableaux ornaient également la nef : Notre-Seigneur apparaissant à sainte Thérèse et La Flagellation.