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notre-dame de la retraite au cénacle

le 17 mars 1891. Rattachées à la règle primitive de saint Augustin, les constitutions du Cénacle tiennent de près à celles de la Compagnie de Jésus ; elles ont une double lin commune : recherche de la perfection, exercice du dévouement apostolique, union à Dieu et service du prochain. Malgré le transfert de la maison mère à Paris, La Louvesc demeura le berceau de l’œuvre et le centre qui rayonnait au loin ; il est toujours le Cénacle embaumé par les vertus qui s’épanouirent à l’origine.

À côté de La Louvesc et des autres fondations de l’institut à travers le monde, Lyon figure au premier plan. L’année 1841 vit les laborieux préliminaires de cette fondation. La montée Saint-Barthélémy où le Cénacle lyonnais s’établit, ne fut d’abord qu’un poste avancé. La vie des religieuses y était une sorte d’exil ou de captivité : peu ou point d’œuvres possibles ; point d’aumônier ; il fallait aller chercher au dehors l’absolution et la sainte messe ; la journée se passait à travailler pour gagner le pain quotidien et le loyer de la maison qui était à la charge des religieuses. La Providence fit bientôt cesser cette épreuve. Une vaste maison toute voisine de la chapelle de Fourvière fut acquise grâce à mère Thérèse qui sut déjouer les menées dont l’objet était d’écarter le Cénacle de cette précieuse acquisition. De nos jours la persécution a momentanément dispersé les religieuses ; mais aucune loi humaine ne saurait prévaloir contre l’esprit de cet institut que le fondateur voulut humble et caché au point de dire à ces filles ces paroles mémorables : « Soyez si petites que tout le monde puisse marcher sur vous. »

La chapelle de la Retraite au Cénacle, est l’œuvre de M. Franchet, architecte, sous la direction de M. Bossan ; elle est aujourd’hui fermée au public. Le saint sacrifice n’y est plus célébré et les voûtes ne retentissent plus des offices et des chants liturgiques ; mais l’oratoire a conservé son cachet architectural et ses ornements.

Il est de style roman et se compose d’une abside, d’un chœur et de cinq travées. Le maître-autel est de pierre blanche, la table d’autel est supportée par trois piliers de marbre d’un gracieux effet. Au-dessous, un bas-relief représente la scène de la mort de saint Joseph, groupe d’une belle expression. Au-dessus de l’autel le retable est décoré de fleurons sculptés, et le tabernacle de pierre est incrusté d’ornements en cuivre doré. Une niche pour le Saint-Sacrement surmonte le tout. Dans le chœur, à droite et à gauche, on a placé les statues de saint Joseph et de saint François Régis. La chapelle est éclairée par cinq vitraux décorés de grisailles. Au bas de la nef, nef unique, se trouve une grande statue du Sacré-Cœur ainsi qu’une peinture sur toile, représentant le même sujet. Dans le fond de la nef s’ouvre une tribune : une seconde tribune se trouve près de l’autel majeur. Vis-à-vis du chœur, mais perpendiculairement à celui-ci est placé le chœur des religieuses, séparé de la nef par une grille de bois ouvragé. Cette partie réservée aux sœurs est éclairée par six petites fenêtres. Au dehors, la chapelle ne présente pas de caractère particulier.