Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/201

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la cité de l’enfant-jésus

Audiffred, de 15.000 francs, sa plus haute récompense. Mais peu de temps après, l’abbé P. du Bourg perdait un œil par accident et mourait le 1er janvier 1898. Ce fut un coup terrible pour M. Rambaud, privé ainsi du compagnon de sa vie, de celui à qui il était attaché par des liens plus forts que le sang, les liens de la charité et du dévouement. Lui-même ne devait pas survivre de longues années. Une chute, survenue dans l’escalier de la Cité de l’Industrie, donna une secousse fatale à l’organisme débilité de M. Rambaud. Brusquement il sentit ses forces défaillir. Le 9 février 1902, il se fit conduire à l’église, au milieu des vieillards qu’il avait tant aimés, leur fit ses dernières recommandations, et, le 13 février, il rendait sa belle âme à Dieu. M. Augagneur, maire socialiste de Lyon, accorda de suite l’autorisation d’ensevelir M. Rambaud dans la chapelle de la Cité : a pour un tel prêtre, dit-il, on ne refuse rien. » C’est là qu’il repose à côté du Père du Bourg, au milieu des vieillards et des enfants auxquels ils ont consacré leur vie.

Église Saint-Camille de l’Industrie.

La chapelle est un beau monument de style gothique, comportant une grande nef et deux petites. Le chœur est éclairé par cinq verrières avec chacune deux sujets, savoir : la sainte Vierge portant l’Enfant Jésus et saint Joseph ; les saints apôtres Pierre et Paul ; saint Thomas et saint Barthélémy ; saint André et saint Jacques ; enfin saint Jean Baptiste et saint Jean l’Évangéliste complètent la couronne des apôtres qui entourent la sainte Famille. Au-dessous des vitraux, un grand Christ et un reliquaire renfermant des parcelles de la vraie croix, dominent l’autel. Celui-ci est en pierre, vaste, et entouré d’une barrière de pierre gracieusement sculptée. Sur les murs de l’abside, deux plaques de marbre portent les noms des bienfaiteurs.

À droite et à gauche de l’abside, s’ouvrent deux chapelles dédiées l’une à Notre-Dame de la Salette, l’autre à saint Joseph.

Dans la première, sur le mur, on lit l’inscription suivante : « Vœu rendu à N.-D. de la Salette ; le P. Camille Rambaud, aumônier libre dans le IVe corps de l’armée du Rhin et des prisonniers à Kœnigsberg (Prusse), a été rendu aux vieillards de la Cité de l’Enfant-Jésus le XVII mai M. DCCC LXXI. Reconnaissance à Marie, notre protectrice. » Vis-à-vis s’ouvre la petite nef de droite ; elle est éclairée par le vitrail de la descente du Saint-Esprit sur les apôtres ; au-dessous une vaste plaque de marbre contient les noms des bienfaiteurs de l’œuvre. Au fond de cette petite nef la verrière du couronnement d’épines éclaire un Christ au tombeau de pierre blanche.

La chapelle de gauche est dédiée à saint Joseph ; elle renferme les corps des deux fon-