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chapelle des soldats à la part-dieu

à propos de dire Notre-Dame de l’Industrie — est surmonté d’une niche éclairée par le haut et contenant une statue de la Mère de Dieu. Dans la nef à droite est dressé l’autel Saint-Joseph et à gauche celui de Sainte-Claire. Tout autour de l’église se trouvent le presbytère et des locaux pour les œuvres paroissiales.

CHAPELLE DES SOLDATS À LA PART-DIEU

Ce qu’on nomme aujourd’hui le quartier de la Part-Dieu fut presque désert jusqu’au xixe siècle, à peine y voyait-on quelques modestes constructions qui ne faisaient guère présager l’accroissement considérable qu’allait prendre, de nos jours, ce quartier. Lorsque sous l’Empire on construisit la caserne de cavalerie, il s’est bâti tout autour de modestes maisons, transformées parfois en de confortables édifices. Tout près de la caserne, s’élèvent la chapelle et les bâtiments du cercle militaire. M. l’abbé Clot fut le principal artisan de cette fondation.

Grâce à son zèle, une société civile se constitua : il fut résolu qu’on louerait aux hospices de Lyon un vaste terrain et qu’on y construirait des bâtiments appropriés à la destination projetée. Ce que voulaient les fondateurs de l’œuvre, ce n’était point de créer une association de soldats, ni un cercle militaire ; leur but essentiel était d’offrir aux soldats, à leur sortie des casernes, le moyen de passer sainement et moralement les moments de loisir que leur laisse le service, et, en même temps, de leur faciliter l’accomplissement de leurs devoirs religieux. La poursuite de ce double but nécessitait la création de salles de récréation, de lecture, la formation de bibliothèques et enfin l’adjonction à l’œuvre d’une chapelle, avec un service religieux spécialement réservé aux soldats. Au bout de peu de temps l’œuvre fut installée rue de la Part-Dieu à la satisfaction des soldats très sensibles aux multiples avantages qu’ils y rencontraient. Leur affluence toujours croissante récompensa le vaillant aumônier du dévouement dont il ne cessait d’entourer ses troupiers.

C’est pour se procurer les ressources nécessaires à une entreprise d’un entretien coûteux, que M. l’abbé Clot établit l’œuvre Notre-Dame-des-Soldats. Or, les ressources furent assez abondantes pour permettre à l’aumônier d’étendre son rayon d’action dans les diverses villes de garnison du diocèse. Les familles chrétiennes, par l’intermédiaire des curés, furent invitées à soutenir, par des souscriptions annuelles, les œuvres militaires établies ou à établir dans la région, et à sauvegarder ainsi les intérêts moraux et religieux de leurs enfants durant le temps du service.

Lorsque le titre et la fonction officielle d’aumônier militaire furent supprimés, M. Clot ne se découragea pas : on lui enlevait son traitement, mais on lui laissait ses œuvres. Le cardinal Caverot, désireux de voir se maintenir l’aumônerie militaire, ne craignit pas de s’imposer les plus lourds sacrifices pour subventionner les aumôniers.