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histoire des églises et chapelles de lyon

1897, sur les observations de M. le curé, le conseil se décida à exécuter intégralement le plan primitif, c’est-à-dire à ajouter à ce qui était déjà construit, trois travées, le porche et le clocher. La dépense totale fut estimée par l’architecte à 341.000 francs, mais de fait, ce chiffre fut très largement dépassé, puisque la somme totale dépensée s’éleva à 443.000 francs. Les travaux furent commencés de suite, et durèrent jusqu’en 1901 ; le 20 octobre de cette année, l’édifice fut bénit par le cardinal Coullié. Pour couvrir la somme considérable des dépenses effectuées, MM. Cluzel et Laurent purent trouver de généreux bienfaiteurs, et ce ne sera pas manquer à la discrétion que de citer ici quelques-uns des noms les plus importants : en 1891, Mme veuve Dupoizat lègue 30.000 francs ; Mme Michon donne, en 1892, 3.000 francs ; M. Pition, membre du conseil de fabrique, 12.000 francs en 1890 ; Mme Rajot, un legs important en 1896 ; enfin, une veuve Carnet, 3.000 francs.

Primitivement, il n’y eut à Saint-André que deux vicaires ; plus tard, pour desservir une paroisse aussi populeuse, on dut en ajouter un troisième, et, en 1883, un quatrième.

La chaire de Saint-André a vu parfois des prédicateurs célèbres qu’il convient de mentionner ; tels l’abbé Combalot, frère de celui qui donna le terrain de l’église primitive ; M. l’abbé Hernard, aumônier des sœurs Saint-Charles, à Oullins, dont les prédications obtinrent, à Saint-André, un succès mérité. Il importe de mentionner encore deux missions, prêchées, la première par le Père Nusbaum, Rédemptoriste la seconde, par le Père Tollin, de la même congrégation.

CHAMPAGNEUX ET SAINT-JEAN-DE-DIEU

« Le château de Champagneux, dit Ogier, au sud du territoire communal de la Guillotière, dans une plaine fertile, entre le Rhône et la route royale de Marseille, a appartenu longtemps à une famille de Jonage, qui le vendit à MM. Lassalle et Loyas, entrepreneurs. Les acquéreurs se divisèrent l’ensemble du château et ses dépendances : M. Layat eut le territoire, et M. Delassalle les bâtiments qu’il vendit, en 1824, aux frères dits Saint-Jean-de-Dieu, lesquels y ont établi un hospice pour les aliénés. »

Jean de Dieu était un moine espagnol qui, en 1338, fonda, à Grenade, une communauté de religieux chargés spécialement de soigner les malades et les aliénés. La congrégation Saint-Jean-de Dieu a été approuvée par le pape Pie V en 1571, par Grégoire XIII en 1576, et érigée en ordre religieux par Sixte-Quint, en 1586.

« Les vénérables hospitaliers, continue Ogier, parurent à Lyon en 1824 ; ils établirent, avec les secours de la charité et non sans de grands efforts, un hospice pour les hommes aliénés. L’habitation renferme de beaux bâtiments, qui peuvent contenir plus de quatre cents personnes ; une chapelle, des cours spacieuses, des terrasses qui dominent les bords du Rhône, des jardins, de grandes et superbes allées, de vastes et belles infirmeries con-