Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/224

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
206
histoire des églises et chapelles de lyon

maître d’école. Le but principal que s’était proposé M. Démia était surtout l’éducation religieuse des enfants : pour cela, il fonda un séminaire. Les maîtres qui en sortaient étaient destinés à être à la fois maîtres d’écoles et vicaires pour le peuple des campagnes. La fondation fut connue sous le nom de séminaire Saint-Charles. La maison occupée par cet établissement était située rue du Villars, paroisse Saint-Nizier.

M. Démia aurait désiré voir l’établissement d’un hospice pour les prêtres vieux ou infirmes. Il fit même le voyage de Paris où se tenait la réunion générale du Clergé de France pour recommander à cette noble assemblée ce projet et celui non moins important de fonder dans les principales villes de France des séminaires destinés à former des maîtres pour l’instruction des enfants pauvres ; mais ses pressantes sollicitations demeurèrent sans effet. De Paris, M. Démia vint à Orléans pour visiter les écoles de cette ville et ranimer le zèle de ceux qui les avaient fondées.

Il aurait cru son œuvre imparfaite s’il n’avait établi, pour l’instruction des jeunes filles des écoles sur le modèle de celles des petits garçons. Aussi après avoir créé une communauté de maîtres, en forma-t-il une seconde pour les maîtresses. Elle prit le nom de communauté des Filles de la Doctrine chrétienne, aujourd’hui sœurs Saint-Charles. En 1673, on trouve établies deux écoles de filles, l’une sur Saint-Nizier, l’autre sur Saint-Paul. M. Démia fut prié d’en prendre soin. Il est vrai que quelques années plus tôt, deux sœurs Saint-Vincent-de-Paul avaient été chargées d’instruire les filles pauvres des paroisses Saint-Pierre-le-Vieux, Sainte-Croix et Saint-Georges, mais il paraît qu’au début, ces sœurs n’ayant pu réunir beaucoup d’élèves, elles s’occupaient surtout des pauvres honteux. M. Démia perfectionna ces écoles, et en établit de nouvelles dans les paroisses de la ville. Le Directeur proposa au Bureau d’en prendre la direction et la surveillance. L’assemblée agréa ce dessin et pria M. Démia de créer une compagnie de Dames chargées de l’instruction des jeunes filles. Dans cette vue, il loua, en 1680, une maison et y rassembla les maîtresses qui acceptèrent la direction du Bureau. Ces maîtresses s’employaient avec un zèle infatigable à former aux vertus chrétiennes, aux travaux manuels et à l’instruction, les fillettes qui leur étaient confiées ; car, chose remarquable, M. Démia voulait « en faire des filles propres pour le ménage et capables de s’occuper dans l’état où Dieu les voudra ». Dans cet ordre d’idée, il fonda des chambres de travail où on occupait les jeunes filles désœuvrées.

Cependant la communauté des maîtresses n’était pas encore bien affermie. Dans ce but, le digne prêtre fit venir de Paris sœur Marie-Ursule d’Orlé, religieuse de la congrégation du Saint-Enfant-Jésus fondée par le père Barré. Vers la fin de septembre 1687, M. Démia, qui poursuivait toujours le projet de former une véritable communauté de maîtresses, inculqua si fortement la nécessité de cette communauté aux dames de l’œuvre des écoles, qu’elles consentirent à l’établir sur un pied stable et permanent. Le sage directeur leur donna des règlements particuliers, et composa à leur usage une retraite pour les exercices spirituels. Les vertus qu’il leur recommandait le plus étaient l’abandon à la volonté de Dieu, l’oraison mentale, une grande douceur et une religieuse modestie. Les maîtresses qui composaient la communauté Saint-Charles se rendaient deux fois le jour