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les oratoriens et saint-polycarpe

La première maison de l’Oratoire à Lyon fut donc établie au cloître de la Primatiale, dans la maison appelée Manécanterie ; des chanoines-comtes confièrent aux religieux le soin d’élever les enfants de chœur et les diacres dans la piété et les lettres. Le 10 juillet 1618, par acte capitulaire passé entre les chanoines et le Père Jean Bence, supérieur de l’Oratoire de Lyon, il fut convenu que les premiers donneraient un maître de cérémonies et que les prêtres de l’Oratoire fourniraient cinq personnes : un supérieur pour la conduite de la maison et l’économat, un régent pour la grammaire, un portier et deux frères servants.

Sacré-Cœur (œuvre de Fabisch) à Saint-Polycarpe.

Le 29 juillet 1628, M. Guibourt donna aux prêtres de l’Oratoire, à perpétuité, une grande salle et des chambres pour y loger les ecclésiastiques qu’ils voudraient mettre sous leur conduite ; l’archevêque se réservait toutefois dans ce logement une chambre pour lui et ses successeurs quand bon leur semblerait de s’y retirer. Mais quoiqu’on eût accepté pour première habitation la maison que les chanoines donnaient aux Pères de l’Oratoire dans leur cloître, on avait déjà fait acquisition d’une maison dite maison Verte.

Le 10 février 1017, le Père Bourgoing, supérieur de la maison de Lyon, achetait, au prix de 24.000 livres, aux sieurs de Cappony, les maisons, terres, vignes, jardins, prés, bois et autres fonds dépendant de la seigneurie appelée maison Verte. Cette acquisition consistait : 1° en deux maisons, l’une grande et l’autre petite ; la grande située dans la rue qui allait du coin des Ursulines, côté du Rhône, à la Croix-Rousse ; la petite maison où on installa le séminaire ; 2° en un grand tènement de terre enclos de murailles et planté de vigne et d’arbres fruitiers. La vigne, qui était du côté du nord, joignait la muraille des religieuses Bernardines, depuis le mur du séminaire jusqu’à celui du grand chemin allant à Saint-Sébastien, côté du Rhône. Cette même année 1617, on prit possession de la maison Verte, et on y célébra, la nuit de Noël, la première messe à un petit oratoire donnant sur la rue. Le lendemain, jour de Saint-Étienne, l’archevêque envoya à la communauté un calice, un missel et quatre-vingts pistoles, qui servirent à mettre l’oratoire en état pour y faire les exercices en public. On bâtit une chapelle dédiée aux Grandeurs de Jésus.

En 1621, les Oratoriens reçurent la visite du cardinal de Bérulle et leur établissement devint prospère. En 1642, ils achetaient la maison Lespinasse ou du Grilfon avec quelques autres maisons avoisinantes, où l’on bâtit l’église. Le Père Mazenod, alors supérieur de Lyon, reçut 10.000 livres que M. Seguier, chancelier de France, avait obtenu pour la communauté. Le cardinal de Richelieu avait jeté les yeux sur cette maison pour la faire acquérir aux Ursulines qui étaient dans le voisinage ; on lui fit remarquer les incommodités de la maison du séminaire, et il accorda aux Oratoriens la permission d’acheter. Néanmoins, ils n’habitèrent pas de suite la maison du Griffon, mais la louèrent au prince