Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/298

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
278
histoire des églises et chapelles de lyon

exercices corporels, fonda une académie et institua des séances littéraires dans le but de former l’esprit des élèves de l’Institution, de leur donner la science de la parole et de les préparer à soutenir en public la discussion et le développement des idées.

Jean-Imbert fut non seulement un professeur modèle, un censeur intelligent, mais surtout un organisateur éminent. En octobre 1868 il était appelé aux fonctions de directeur du pensionnat ; sous sa haute direction, les classes furent doublées, les dortoirs agrandis, les réfectoires réorganisés et embellis ; les musées complétés d’exemplaires de fauves, de séries de monnaies, d’échantillons lapidaires, d’objets d’arts, anciens et modernes ; le cabinet de physique fut doté des instruments les plus récents ; enfin frère Jean jeta les bases et fît édifier ce magnifique bâtiment qui domine de sa magistrale et sévère structure toute la ville de Lyon ; il y établit cette belle salle des fêtes qu’envient tous les établissements d’éducation et sans rivale dans la région.

Chapelle des frères des écoles chrétiennes à Caluire.

Aux premiers bruits de nos désastres de 1870, il ouvrit toutes grandes les portes de son pensionnat aux soldats malades ou blessés ; son ambulance, la première ouverte, devait être la dernière à se fermer. Du commencement d’octobre 1870 au 31 mai 1871, 700 malades y furent recueillis et soignés : vingt et un hospitalisés seulement succombèrent à leurs maux ; trois membres du personnel de l’établissement contractèrent la petite vérole noire, et l’un d’eux mourut de la contagion.

Pendant que le drapeau des ambulances flottait sur le pensionnat les membres des factions populaires s’y présentèrent ; on prétendit faire de la maison une caserne pour les légions, un établissement pour la frappe delà monnaie, une poudrière, enfin des ateliers nationaux. Quatorze fois on vint pour s’emparer du pensionnat et quatorze fois Jean-Imbert put conserver son établissement. Pendant ce temps, les classes continuaient : l’année scolaire 1870-71 se termina même avec trois cents élèves. Dans la suite, l’internat ayant considérablement perdu de son importance, le directeur fonda le demi-pensionnat qui bientôt ne fut plus assez vaste pour les nombreux élèves qui y affluaient ; on dut ouvrir une grande annexe rue de