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anciens hôpitaux et hospices

Sèze. Personne n’ignore le rang honorable que tiennent aujourd’hui les anciens élèves du pensionnat des Lazaristes dans toutes les branches de la société : l’armée, la magistrature, le sacerdoce.

Depuis 1840 environ, les frères possèdent à Caluire, près de Lyon, une vaste maison dite maison provinciale, avec noviciat, bâtiment pour les frères âgés, enfin une belle chapelle.

La chapelle du pensionnat des Lazaristes est riche et fort spacieuse. Sa superficie a été largement augmentée par une vaste chapelle qui s’ouvre, à gauche, sur le chœur, en forme de transept et qui double presque l’église. Le maître-autel de marbre blanc est décoré sur le devant d’un Enfant Jésus couché sur la croix, avec, par côté, sainte Cécile et saint Louis de Gonzague. Au fond du chœur, dans un édicule, se dresse la statue du Sacré-Cœur montrant le ciel. À droite, toujours dans le chœur, une toile du peintre Grellet, représentant sainte Philomène ; vis-à-vis, à gauche, s’ouvre la grande chapelle annexe dont on a parlé. Dans le fond, on a placé la statue de saint Jean-Baptiste de La Salle, et à droite se déroulent quatre toiles du même peintre, racontant la vie du saint fondateur. Dans la petite nef de gauche, se trouve la chapelle de la Sainte-Vierge avec autel de marbre jaune, doré, et statue de la ’ierge-Mère vénérée par les anges tenant des flambeaux : c’est une œuvre de Millefaut. Dans la nef de droite, chapelle de saint Joseph avec statue du même sculpteur ; au bas des petites nefs, on a placé deux toiles : un tableau commémoratif de la restauration de l’institut en 1803 et Jésus-Rédempteur.

Au-dessus des trois portes d’entrée se trouve une vaste tribune supportant les orgues. Les vitraux de la chapelle ne comportent pas de sujets, mais sont consacrés aux symboles des vertus.

ANCIENS HOPITAUX ET HOSPICES

Parmi les nombreux petits hôpitaux qui peuplaient Lyon au moyen âge, il en est un sur lequel nous insisterons parce qu’il forme l’épisode le plus curieux des annales hospitalières de notre ville.

En 1280, Aymar, archevêque de Lyon, usant de son pouvoir absolu de souverain spirituel et temporel de la ville, enleva à ses recteurs primitifs l’hôpital Saint-André, fondé par Ponce Blanchard sur le bord de la Saône, à l’extrémité méridionale de la rue Mercière et le donna, avec tous ses biens et revenus, aux religieux de Saint-Antoine en Viennois. Les Antonins, institués à la fin du ixe siècle à la Mothe-aux-Bois, aujourd’hui Saint-Antoine, près de Saint-Marcellin (Isère), furent d’abord et restèrent pendant plus d’un siècle une confrérie laïque, qui se dévouait particulièrement aux malades affectés de l’épidémie dit mal Saint-Antoine sévissant alors fréquemment dans le Dauphiné. En