Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/315

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sainte-élisabeth

Turin, et là mènent une vie de pauvreté, gagnant à peine de quoi subvenir aux plus modestes besoins, mais espérant, malgré tout, rentrer plus tard dans leur patrie.

La chapelle que les sœurs ont quittée provisoirement est placée le long de la rue Saint-Pothin. L’autel de marbre blanc est décoré d’un bas relief représentant l’Agneau de Dieu immolé sur la croix ; au-dessus de l’autel se trouve une peinture : le Christ. Le chœur tout entier a été revêtu d’une belle boiserie. Dans la nef, on a placé deux statues, à gauche la Vierge-Mère et à droite saint Joseph tenant l’enfant Jésus. À droite de l’autel et perpendiculairement, se trouve la grille et le chœur des religieuses. Au fond de la chapelle s’ouvre une vaste tribune en bois sculpté. L’oratoire est éclairé de trois vitraux décorés des sujets suivants : le Sacré-Cœur de Jésus, le Saint-Cœur de Marie, enfin sainte Cécile entourée d’anges.

Dans le chœur se voyaient autrefois deux peintures : la communion dans les catacombes et les stigmates de saint François. Ces tableaux ont été emportés par les religieuses dans leur exil en Italie.

Deuxième monastère : Saint-Just et les Deux-Amants.

Deux rejetons sortirent du tronc vigoureux du monastère de Bellecour : le couvent dit des Deux-Amants, fondé en 1637, et celui des Colinettes en 1660 ; sans mentionner la fondation plus humble de Roanne, qui ne subsista pas longtemps.

La supérieure de Bellecour, femme d’un rare mérite, jouissait d’un grand crédit auprès de l’archevêque, Camille de Neuville, et auprès de la reine-mère Anne d’Autriche. Grâce à ces hautes protections, elle obtint la permission de fonder un second monastère, pour suppléer à l’insuffisance de celui de Bellecour, qui ne pouvait plus recevoir les nombreuses personnes aspirant à la vie religieuse dans le Tiers-Ordre de saint François. Elle installa la communauté à Saint-Just dans un immeuble sur lequel voici quelques détails historiques.

Par contrat du 5 février 1634, Jean Duchier, greffier en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon, acquit de noble Méricq François Desirodes, fds de Denis Desirodes et de Marie Oyssel, mère de François Desirodes, une maison, un jardin, une vigne et une terre, le tout de la contenance de dix bicherées, situés à Lyon, paroisse Saint-Just ; les limites en étaient : à l’est, la rue ou chemin tendant de cette église à l’Antiquaille ; au sud et à l’ouest, le jardin et la vigne des Minimes ; à l’ouest et au nord, la vigne de la veuve Seguin ; au nord, la vigne du sieur Coindre, chanoine de Fourvière ; au nord et à l’est, la maison et le jardin des Visitandines, provenant de l’héritage Leroux. Le prix de l’acquisition fut fixé à 10.300 livres tournois ; de plus, au cas où Duchier ferait cette acquisition au nom de quelque communauté de religieux ou de religieuses, ceux-ci seraient tenus de célébrer annuellement une messe pour le repos de l’âme des vendeurs.

M. Duchier, quelques jours après, révéla que l’acquisition était faite au profit des reli-