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histoire des églises et chapelles de Lyon

2.000 francs. Les transformations de la chapelle miraculeuse furent surtout sa préoccupation dominante. Quand il s’installa, la question était déjà posée, mais non arrêtée, faute de fonds. Il compta sur la charité catholique et songea à intéresser le Consulat à un projet qui se présentait comme d’utilité publique.

Cette confiance était naturelle ; les échevins avaient toujours manifesté, pour l’église du vœu de 1643, leur intérêt et leurs sympathies ; une magistrature les avait transmis à une autre magistrature, comme un legs inaliénable à l’Hôtel de Ville. Récemment encore n’en avaient-ils pas fourni une preuve aussi opportune que généreuse ? Le 6 septembre 1729, ils avaient en effet voté une rente perpétuelle de 300 livres, tant que le chapitre n’interromprait pas de célébrer les deux messes du samedi, en faveur des citoyens de Lyon, avec la bénédiction sur la ville et sur le peuple, tel que l’ordre en avait été réglé, pour la première, dans une assemblée capitulaire du 23 octobre 1660, et pour la seconde, par le mandement de Mgr Camille de Neuville du 30 janvier 1682. Comme supplément aux anciennes charges, ils n’avaient ajouté « qu’une oraison particulière, qui sera composée et chantée, après les litanies, pour la prospérité et la conservation du corps consulaire ».

Le président Laurent Dugas, prévôt des marchands, le spirituel correspondant de Bottu de Saint-Fonds, le type le plus accompli de l’honnête homme, selon le mot du temps, que notre province ait à produire, avait été touché de la détresse des chanoines et il avait répondu de cette noble et délicate façon à leurs doléances. Qu’il en ait été ébranlé, cela ne nous étonne pas, car en les relisant nous-même, nous sommes obligé de convenir que l’état financier, qu’elles révélaient, était des plus pitoyables. Le système de Law avait été funeste à l’épargne des chanoines. Leur secrétaire, il est vrai, cédant à l’effroi d’une caisse vide, faisait remonter la cause de cette pauvreté jusqu’aux troubles, suscités par les protestants, et à l’usurpation des biens dont ils s’étaient rendus coupables ; mais il avouait aussi, en toute sincérité, qu’ayant confié au célèbre financier le capital de mille écus de rente, et n’en ayant obtenu le remboursement qu’en papier, toutes leurs économies avaient été anéanties. L’agio avait donc contribué à les ruiner, au moins autant que le huguenot, et la protection des échevins les avait tirés fort à propos de ce mauvais pas.

L’appel de M. Carrier fut accueilli par M. Fleurieu de la Tourette, avec la même bonne grâce, que le précédent l’avait été par M. Dugas. Le prévôt et les échevins souscrivirent une somme de 6.000 livres pour les futures constructions. Le plan en avait été conçu par l’architecte Delamonce. Il consistait à prolonger la chapelle existante jusqu’au chevet de la grande nef de Saint-Thomas et à constituer ainsi le bas-côté droit de l’église ; en ouvrant deux grands arcs, on mettrait en communication les deux enceintes, et on souderait ainsi, sans interruption, le présent au passé. Nicolas Fauconnet avait la maçonnerie, Charles Besson la charpente ; Berger fournissait les pierres de taille ; Alexandre Valin avait déjà soumis le dessin des panneaux et de la niche de l’autel. On prévoyait à l’œuvre 55 pieds de longueur sur 28 de largeur.

Les fondements à peine creusés, on songea à la cérémonie de la pose de la première pierre, et on pria les consuls de la présider. L’archevêché étant vacant par la mort de Mgr de Rochebonne, aucun prélat ne fut invité. La fête eut lieu, comme elle avait été