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notre-dame de fourvière

aumônier, devenu chanoine et chantre, Jean-Louis Carrier, d’avoir choisi un aussi agréable séjour. Il n’avait pas quitté la cour et le ministère, lorsque l’inauguration du monument fut solennellement célébrée, le 2 octobre 1751. Pendant neuf samedis consécutifs, les paroisses se succédèrent, bannières déployées, au pied du trône nouveau de la sainte Patronne de la cité ; les séminaires Saint-Irénée et Saint-Charles y conduisirent les jeunes lévites ; les hymnes, les cantiques, les litanies y formèrent, pendant toute l’octave de la dédicace, comme un perpétuel concert.

Fourvière au début du xixe siècle (D’après une estampe anonyme).

Deux ans après, les mêmes cortèges se répétèrent ; au cours d’un été caniculaire, dont la sécheresse dévorait les récoltes, les fidèles vinrent implorer un peu de pluie. Un mandement archiépiscopal avait annoncé et organisé cette manifestation. Saint-Jean s’y rendit, le 28 juillet 1753 ; le 31, Saint-Nizier y parut le matin ; Ainay, La Platière, Saint-Irénée se partagèrent l’après-midi ; les deux faubourgs de la Guillotière et de Vaise occupèrent la journée du 6 août. En 1762, Mgr de Montazet lança une lettre pastorale, prescrivant une procession générale, dans les mêmes conditions, et pour la même grâce. Le Consulat, en 1774, averti de la maladie dangereuse dont Louis XV était frappé, demanda une messe pour son rétablissement. Les calamités changent de nature et les fléaux d’aspect : la population a toujours recours à sa divine Protectrice, à celle qu’elle tient pour son perpétuel refuge, pour la consolatrice de ses maux. Comme elle l’invoque dans ses tristesses, elle la remercie dans ses joies, et de simples mémoires de fournisseurs, oubliés dans un carton, nous apprennent que, sur la colline, les réjouissances, nationales ou locales, avaient leur écho comme dans la plaine. Fourvière illumina pour la paix, en mars 1749, et en juillet 1731, pour la convalescence du cardinal de Tencin ; le 2 février et le 5 mars 1752, pour la naissance du duc de Bourgogne, pour celle du duc de Berry, destiné à être l’infortuné Louis XVI. En cette dernière occasion, on alluma 120 terrines à 10 sols pièce ; dans une autre fête, on usa 560 lampions et 24 pots à feu, qui coûtèrent 140 livres.

Les pèlerinages individuels, par groupe familial ou par corporation de métier, ne cessaient pas d’être de plus en plus fréquents ; ils produisaient le plus édifiant et le plus religieux des spectacles. Calculer le nombre de ces visiteurs, produire des chiffres certains ou même probables, à ce sujet, serait plus que hasardeux ; mais on peut les conjecturer par