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histoire des églises et chapelles de lyon

païens et pour empêcher tout culte chrétien, furent miraculeusement amenées sur le bord, et recueillies par les fidèles. Ce sac de cendres saintes fut vénéré à Saint-Nizier durant tout le moyen âge.

Au temps de l’historien Grégoire de Tours, l’église des Saints-Apôtres existait depuis longtemps ; elle prit, plus tard, le titre de Saint-Nizier, du nom de ce saint évêque, qui y fut enterré. À cette époque, l’église des Apôtres fut cathédrale, et cela pendant plusieurs siècles ; six évêques y eurent leurs tombeaux : saint Rustique en 499, saint Viventiole en 517, saint Sacerdos en 551, saint Nizier en 573, saint Priscus en 585, et saint Genis en 678.

Au temps de Charlemagne, Saint-Nizier était devenue abbaye, mais d’un genre particulier : « elle était canonicale, et non pas monacale, ses membres étaient clercs et n’étaient point liés par le serment de pauvreté que prêtaient les moines proprement dits. Elle subsista encore dans le même état jusqu’à la fin du xiie siècle, mais elle ne conservait que de faibles marques de son ancienne gloire. » Dans les statuts de l’église de Lyon, publiés en 1175, on mentionne l’ordre que les églises abbatiales gardaient entre elles : Saint-Nizier n’y est qu’au 3e rang après Saint-Just et Saint-Paul, et avant la Platière. « Deux bulles d’Innocent IV, de 1251 et 1252, prouvent que l’abbaye Saint-Nizier était supprimée à celte époque. Il en fut de même de celles de Saint-Irénée et de Saint-Paul, et le titre d’abbé de Saint-Just fut réuni à l’archevêché. » Dès lors, Saint-Nizier ne fut plus qu’une simple paroisse desservie par un curé ou recteur, avec des clercs qui l’aidaient à porter le poids des fonctions pastorales. Tel fut son état pendant tout le xiiie siècle. Vers la même époque, elle fut incendiée par les sectaires de Pierre Valdo, puis restaurée à la hâte.

« Louis de Villars, archevêque de Lyon, érigea Saint-Nizier en collégiale. Il y établit, en 1305, un corps de seize chanoines, et régla que l’un d’eux porterait le titre de sacristain, serait chef du chapitre et aurait la charge des âmes tant des chanoines que du reste de la paroisse. » Un autre chanoine fut nommé maître de chœur, pour le soin de l’office. L’archevêque annexa à la collégiale l’archiprêtré de Lyon et des suburbes. « À l’égard des seize chanoines, il ordonna que les six premiers seraient prêtres ; cinq autres, diacres, et cinq, sous-diacres. Deux ans après, le chapitre de Lyon s’adjoignit à son archevêque comme fondateur du chapitre de Saint-Nizier : dans un acte de 1307, il ajouta aux quatorze paroisses données par l’archevêque, celles de Genas et de Millery. »

Parallèlement à cette création du chapitre, l’archevêque fit beaucoup pour la construction de l’église ; il publia, en 1303, des indulgences en faveur de ceux qui contribueraient à cette bonne œuvre. En 1307, il renouvela ses instances après avoir donné, ainsi que le chapitre, un grand exemple de générosité, en fondant un patrimoine considérable pour la dotation des chanoines. »

Les constructions ou restaurations de la basilique n’avancèrent pas beaucoup pendant tout le xive siècle ; elles furent arrêtées en partie par les guerres civiles allumées entre les chanoines et les habitants de Lyon. Parmi les bienfaiteurs de cette époque, citons Jean de Marines, qui, avec grande générosité, commença à bâtir le sanctuaire vers 1303. « Ses armes sculptées au milieu de la voûte et aux piles extérieures qui la sou-