Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/446

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histoire des églises et chapelles de lyon

être suspendues au col, et d’autres, pour être épinglées, comme porte-veine, au chapeau ou à la boutonnière de l’habit. Le cabinet des médailles de Lyon en a recueilli plusieurs, en plomb et en cuivre. L’une d’elles, de forme ovale, porte, à l’avers, la Vierge et l’Enfant ; au revers, on y voit saint Joseph et un compagnon, devant un rocher, d’où jaillit une source, avec cette légende : Fontaine de saint Joseph. J’ignore, si ce nom fut donné à la pompe, adossée au mur de la chapelle, du côté du midi, construite, en l’année 1773, sous la prévôté de M. Claude Espérance, marquis de Bellescizes.

Le consciencieux auteur des Quelques remarques sur le grand couvent de Saint-Bonaventure de Lyon, dont nous nous sommes servi pour la nomenclature des chapelles, n’est pas moins prolixe sur les objets et œuvres d’art, que les confréries avaient offerts, ou bien que les Cordeliers avaient commandés eux-mêmes. Quelques tableaux, surtout, étaient du plus excellent mérite, » dont les curieux faisaient état », comme il s’exprime. Le nom de l’artiste et le sujet des principales de ces toiles sont connus par tradition, mais, à part une ou peut-être deux, toutes ont disparu, sans que l’on sache les galeries où elles sont entrées. Les deux Stella, François et Jacques s’y trouvaient admirablement représentés, celui-ci par une Nativité, que l’on est unanime à regarder comme son chef-d’œuvre, heureusement accrochée depuis au musée Saint-Pierre, celui-là par une Assomption, un saint Hubert, un saint Éloi, les sept sacrements dans la sacristie, les épisodes de la vie de saint Bonaventure dans la chambre où il mourut. Citons une sainte Geneviève du Golchin, de Périerle jeune, une Ascension, de François Périer, l’oncle, l’Adoration des Mages, au retable du maître-autel, mesurant plus de vingt pieds de hauteur, une Assomption de François Porbus, un saint Fortunat de Panthot, un saint Michel, d’un inconnu, « qui n’a pas son semblable ». André Clapasson, auteur de la Description de Lyon, sous le pseudonyme de Paul Rivière de Brinais, admirait beaucoup, dans la chapelle des peintres, le tableau de l’autel par Blanchet : il l’estimait comme une de ses meilleures pièces, mais, à son propos, je suis obligé de lui reprocher une grave distraction : trop confiant en Spon, il a pris l’épitaphe de Simon de Pavie pour celle de Symphorien Champier. Nulle part, sous ces voûtes d’aspect plutôt sévère, la sculpture ne luttait avec la peinture, de mérite et de beauté ; on n’y admirait pas de ces statues, dont la façon l’emporte infiniment sur la matière, aucun bas-relief de prix, aucun mausolée fastueux, ainsi qu’à la Charité et aux Jacobins. Cependant Lyon, au xviie siècle, surtout, s’honorait d’artistes de talent. Mais les Cordeliers ne furent jamais une nécropole de grands seigneurs ou de héros ; la liste des morts, qui ont reposé là et dont les ossements sont tombés en poussière, en attendant la résurrection, n’est pleine que de noms plébéiens ; des dalles funéraires, qui ont résisté à l’usure du temps ou aux injures de plusieurs sortes de vandalisme, une seule nous révèle les titres d’un grand seigneur, le neveu de Mandelot, François de Colombier, tué au siège de La Mure, à 22 ans, le 19 octobre 1390 ; nous devons toutefois à leur mémoire de ne pas omettre quatre ou cinq personnages, dont les titres, pour n’avoir pas trop franchi les limites provinciales, ne nous en sont que plus chers ; Simon de Pavie, Symphorien Champier, médecin comme lui et de plus historiographe, Meyssonier, encore un confrère des deux précédents, décédé sous l’aumusse de chanoine de Saint-Nizier, le 26 février 1676, le peintre François Stella,