Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/449

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saint-bonaventure

ment Jayet ; trois processions, organisées par les Pères Trinitaires, conduisant du Gourguillon, où était leur résidence, aux Cordeliers, les captifs qu’ils avaient rachetés, dans les pays barbaresques, quêtant sur le parcours de quoi en délivrer de nouveaux. L’exaltation au Souverain Pontificat de Laurent Ganganelli, de l’ordre de Saint-François, sous le nom de Clément XIV, donna lieu, le 19 juin 1769, à une messe d’actions de grâces, où furent invitées toutes les communautés de la ville et des faubourgs. Le doyen du chapitre Primatial, M. de Montjouvent, officia, assisté comme diacre et sous-diacre des comtes de Lescoët et de Chabans ; on mêla la poudre à l’encens et on unit, au carillon joyeux des cloches, le bruit de boîtes et de pétards. L’affluence des invités charma les Pères, et pour l’expliquer, l’un d’entre eux suppose que « les vertus éminentes du pape étaient déjà connues et qu’elles avaient pénétré les cœurs de reconnaissance ; chacun bénissait le Seigneur d’avoir jeté un œil de miséricorde sur son Église, en lui accordant un chef selon son cœur ».

Le R. P. Jean-Henri-Bonaventure Dumas, cordelier (1698-1772).

Pendant la même période, l’édifice conventuel, la maison de Dieu et la maison des moines, ne furent pas négligées. La partie du bâtiment, réservée au dortoir, parallèlement au Rhône, inclinait vers un effondrement total ; on la remplaça par la belle et solide maison, numérotée 2, 3 et 4 du quai de l’Hôpital, 3, 3, 7 de la rue de Pavie, lorsque la société de la rue Grôlée l’expropria et l’abattit en 1892. Construite par un architecte en retraite, Étienne Fahy, elle présentait, en première façade, sur le fleuve, cinq vastes arcades de plein cintre, où l’on ménagea des magasins et des entresols spacieux, loués pour la plupart à des libraires. Sur la seconde façade de derrière, à l’angle nord-ouest, on avait eu soin de conserver, au moins, les voûtes de la chambre, dite de saint Bonaventure, et en dehors, entre les deux fenêtres, qui l’éclairaient, un dévot négociant, M. Fayet, avait érigé une statue du séraphique docteur, sculptée par Perrache père. Le chœur, dans l’église, le sanctuaire et son autel furent entièrement renouvelés, avec plus ou moins de continuité, de 1732 à 1764. La mode proscrivait ces retables d’une hauteur démesurée, que les contemporains de Louis XIV avaient tant goûtés ; le marbre triomphait du bois peint, des colonnes, des guirlandes de fruits, des pots de flammes ; on revenait à plus de simplicité. Le Père Dumas, qui nous parle de la restauration de Saint-Bonaventure, commandée à Michel Perrache, a bien le courage d’appeler « un placard doré » le chef-d’œuvre, dont Bazin nous avait fourni, un demi-siècle auparavant, une description si