Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/465

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saint-bonaventure

Mme la Présidente Vouty envoie un grand ciboire d’argent ; les marchands de blé du quai Saint-Vincent prêtent des bâches, pour clore les ouvertures ; on découvre, en nivelant le sol, beaucoup de pierres tombales et de cadettes du passé, arrachées et entassées dans des fosses obscures. Eut-on la crainte, en dépit de cette activité extraordinaire, de n’être pas prêt ? Espéra-t-on obtenir un sursis ? Poussés vraisemblablement par ces deux motifs à la fois, les fabriciens tentèrent d’aborder l’archevêque et sollicitèrent une audience. Ils furent renvoyés à M. Courbon, qui les écouta, encouragea leurs efforts, et répondit à leurs perplexités et à leurs doutes, en les invitant à s’en remettre à la Providence.

La place du Méridien, au milieu du xixe siècle.

De bons chrétiens, tels qu’eux, se seraient reproché la moindre défiance à son endroit, mais une preuve sensible, monnayée même, de l’assistance divine, qui leur était prêchée, les eût allégés d’un immense poids. Toutefois, ils n’eurent pas le mauvais goût de prêter ce caractère à l’indisposition, qui frappa l’archevêque et l’obligea de renvoyer la cérémonie. Au moins, ils se réjouirent du retard et ils dissimulèrent peu au messager, qui les en prévenait, que l’église n’aurait pas été dans un état « assez praticable et décent », à la date primitivement arrêtée. Seulement, le répit coûta cher et força à une dépense immédiate, que la prudence avait remise à un peu plus tard. M. Groboz, qui est venu, d’ordre, inspecter les travaux, a été choqué d’apercevoir les fenêtres, tendues de grosse toile, plusieurs même, à plein vent ; il a parlé du vitrage du sanctuaire, sinon de la grande nef entière et, dès le lendemain, il a notifié, de la part de Monseigneur, que celui-ci ne bénirait pas l’église, si les vitres n’étaient pas placées partout. Trop engagé pour reculer, on donne l’entreprise à trois patrons, Morizot, Gubian et Dumesnil, afin de disposer d’un plus grand nombre de bras et d’avoir le verre en abondance. Enfin, le 21 février, un chanoine titulaire, ex-cordelier, M. Dumont, s’empresse de venir annoncer à M. le Curé que la visite de Son Éminence et la réconciliation de l’église sont arrêtées pour le 1er mars, le troisième Dimanche de Carême.