Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/468

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histoire des églises et chapelles de lyon

l’archevêché ; elle accusa de désobéissance le chef de la paroisse, prétendit que la décoration du chœur ne produisait aucun effet ; ses meneurs ne manquèrent pas de se targuer des ordres des supérieurs et supplièrent que le changement ne fût plus retardé. Nous avons lu leur factum, dont la médiocrité de style n’est pas le défaut le plus saillant, et nous avons été attristés de savoir qu’il fut retourné à l’accusé, apostillé par une formule sèche et discourtoise, le condamnant sans qu’il eût été seulement entendu. Le saint homme courba la tête, en silence, donna satisfaction à ses délateurs, persuadé que l’épreuve vaut mieux, pour les serviteurs de Dieu, que la louange, et que le mérite d’un sacrifice est plus solide que la fumée de la gloire.

Néanmoins deux marguilliers, compromis dans cette tortueuse intrigue, afin d’éviter la grise mine de leurs collègues, préférèrent démissionner ; ils gâtèrent par l’attitude incorrecte de leur sortie le prix des services qu’ils avaient rendus. M. Paul-Antoine Faure et M. Horace Clavel remplacèrent les deux partants, MM. Bérard et Lenoir.

Saint-Bonaventure, arraché à un effondrement trop certain, nettoyé des traces dont l’avaient souillé de vulgaires et profanes usages, appelait, si l’on rêvait pour lui une restauration totale et durable, de nombreux et coûteux travaux ; on s’y prit peu à peu, bout par bout, presque pierre par pierre ; sans interruption, pendant cent années au moins, M. Pascal et ses six successeurs déployèrent un dévouement inlassable, dans cette tâche, qu’ils se passaient, l’un à l’autre, comme la principale de leurs préoccupations, comme l’honneur le moins altérable de leur ministère, devant la postérité. L’œuvre touchait à son terme, lorsqu’on fut surpris par la loi de séparation et par la mise sous séquestre de ce qui avait coûté tants d’efforts à établir, à consolider, à embellir. Du premier au dernier des sept prêtres, qui ont gouverné la paroisse, au cours du xixe siècle, il est permis de répéter ce que le vénéré fondateur écrivait de lui-même, peu de mois avant de mourir : x J’ai consacré tout mes instants et toutes mes facultés à la restauration de ce temple, qui m’a été confié, et l’on peut dire, avec vérité, que le succès a surpassé mes espérances ; car ceux, qui l’ont vu dans son état de délabrement, éprouvent une grande surprise de le voir sitôt réparé, sinon magnifiquement, du moins honorablement, pour y exercer le culte divin. »

Il serait apparemment trop long d’énumérer et de décrire les améliorations considérables que M. Pascal a le droit de revendiquer, pour sa part, pendant vingt ans qu’il s’y absorba ; arrêtons-nous au moins à quelques indications chronologiques, utiles à notre récit et à la mémoire de nos lecteurs.

En avril 1809, on abattit la cloison de la chapelle de l’archange saint Michel, la première, aujourd’hui du latéral gauche, où longtemps le grenetier Bergeon avait entassé ses sacs, on la disposa pour les Fonts-Baptismaux. La même année, on aménagea celle au-dessus ; les peintres et les verriers, dont la corporation subsistait, comme un compagnonnage de secours mutuels, demanda qu’elle lui fût rendue et qu’on l’autorisât à y célébrer une grand’messe, le jour de saint Luc, son patron, et les offices de ses défunts. Les pèlerins de Saint-Jacques qui, pendant tout le moyen âge et jusqu’en 1789, tenaient leurs assemblées, dans une chapelle fameuse, voisine de Saint-Nizier, où le consulat avait longtemps délibéré, proposèrent, de leur côté, qu’on leur cédât l’avant-dernière du côté droit ; ils s’engagèrent