Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/501

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saint-bonaventure

Les événements qui suivirent sont trop proches de nous ; les blessures, qu’ils ont ouvertes, ne sont point assez cicatrisées, pour qu’il ne soit pas sage de les taire, ou à peu près.

On eut, le 3 mars 1906, un premier essai d’inventaire, qui n’aboutit pas, devant les énergiques protestations de M. le Curé et des Fabriciens, devant l’attitude des paroissiens, qui avaient envahi l’église, et qui traduisaient leur émotion et leur colère par des cantiques, entrecoupés de sourds murmures. Quatre jours après, une seconde tentative échoua, comme la précédente. Les agents du domaine agirent à la sourdine et ils remplirent leur mandat, en l’absence de tout témoin officiel, le 24 mars.

En décembre, la loi de séparation entre en vigueur, et, le lendemain du jour, où elle est exécutoire, la mairie envoie l’ordre d’avoir à vider, avant le 25 décembre, les appartements, dont le clergé jouissait par un contrat d’usufruit perpétuel. Les déménageurs n’avaient pas fini d’enlever les meubles, que les agents de la Compagnie des Eaux en fermaient les robinets. M. le Curé, alité depuis quatre mois, terrassé par une cruelle maladie, se fit transporter dans une maison de santé ; quelques semaines après, il adressait à l’archevêché sa démission. Le curé de Saint-Joseph de la Demi-Lune, M. J.-B. Vanel, fut désigné pour le remplacer ; il chanta la grand’messe, le 24 février 1907.

Quand il consulta le registre des délibérations du Conseil de Fabrique, ses yeux tombèrent sur la dernière phrase delà dernière séance de cette Compagnie dissoute. « Nous affirmons, avaient écrit ces vaillants catholiques, notre profonde confiance en la Divine Providence et notre ferme espoir du prochain retour de jours meilleurs. » Nous demandons à partager cette croyance, et nous sommes, à notre poste, pour attendre « ces jours meilleurs » en dépensant notre vie à les préparer.

CONFALONS DE SAINT-BONAVENTURE

Les Associations pieuses qui, sous le nom de confréries, furent nombreuses à Lyon avant la Révolution, occupent une place importante dans l’histoire de la Cité. Parmi elles la royale Compagnie de Notre-Dame du Confalon était fameuse par le nombre et la qualité de ses membres et par la valeur des décorations artistiques et architecturales de la chapelle où se sont tenues ses assemblées, depuis l’année 1631 jusqu’en 1793. Les adhérents, gentilshommes, magistrats, gouverneurs de province, chanoines-comtes de Lyon, bourgeois notables, même un roi de France, s’étaient plu à doter cette chapelle de leurs offrandes. Et il est dit dans les anciens almanachs historiques de la ville de Lyon que l’or, les marbres précieux, les tableaux, les sculptures, la menuiserie et l’architecture y étalaient toutes leurs richesses.

La première confrérie de pénitents, érigée sous le titre de Notre-Dame du Confalon, ainsi nommée à cause de la riche bannière portée aux processions, le fut à Rome, en