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histoire des églises et chapelles de lyon

Bossan. Le maître de l’œuvre déroule le plan de l’édifice. Mgr Ginoulhiac indique par son geste que telle est la chapelle promise, le 8 octobre 1870. Le cardinal Caverot porte dans ses mains le ciborium élevé grâce à ses dons magnifiques. Le cardinal Foulon s’appuie sur sa crosse archiépiscopale, c’est lui qui, le premier, a officié dans la nouvelle chapelle encore encombrée d’échafaudages. Enfin, agenouillé au pied du trône, Mgr Coullié, depuis cardinal, présente à Marie la basilique consacrée sous son glorieux pontifical. Les personnages de cette composition grandiose, due au ciseau de M. Dufraine, mesurent 3 mètres de stature.

L’Assomption, par Dufraisne (D’après un cliché de M. L. Bégule).

Après avoir franchi le porche, on pénètre dans la basilique par la porte de bronze. — Quel éblouissement ! quelle splendeur ! C’est une fête aux yeux, c’est la maison d’or de la plus pure des Vierges. Instinctivement le regard s’élève et se promène sur les voûtes scintillantes des ors de la mosaïque. Ce vélum tout frissonnant de lumière repose sur les colonnes élégantes qui divisent le vaisseau en trois nefs, sur sa largeur, en trois travées sur sa longueur. Mais le visiteur est à peine impressionné par cette subdivision architecturale. Si légers sont les points d’appui que d’un mur à l’autre un grand espace plein d’air, de soleil et de vie, s’étend pour vous éblouir et vous charmer. Les colonnes sont de marbre gris-bleu de la Haute-Savoie ; elles se dressent sur de très hauts socles en marbre de Carrare, précieusement sculptés. Des anges debout prolongent la ligne verticale des colonnes jusqu’au départ des arcs-doubleaux, tracés en ogive. Remarquons ici que tous les arcs de ce vaisseau sont tracés en ogive. Cette forme est empruntée à l’architecture du moyen âge. Les colonnes, leurs bases, leurs chapiteaux appartiennent au contraire par leurs proportions relatives, par les détails de leur ornementation, par leur physionomie, à l’architecture antique, et c’est de ces deux sources, l’antique et le moyen âge, qu’est né Fourvière. Cette observation nous paraît ici nécessaire ; elle jettera quelque lumière dans l’esprit du visiteur.

Si, de l’église supérieure, on passe dans la crypte, une impression étrange vous arrête. Après l’éblouissement des immenses verrières, des mosaïques d’or et d’émaux, une demi-obscurité mystérieuse vous enveloppe soudain, on se découvre, on se tait : c’est bien là