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sœurs saint-vincent de paul

Lyon que les quêtes des Dames ne pussent se faire en même temps que la leur. (Dagier, tome II, page 36.)

En 1716, une semblable difficulté s’éleva avec la Charité. Les Dames allaient s’installer pendant toute l’octave du Saint-Sacrement dans l’église de cet hôpital pour y faire leur quête. Les recteurs, trouvant le procédé trop hardi, portèrent plainte au chapitre de la Primatiale en réclamant sa bienveillante intervention. Les Dames s’adressèrent à l’archevêque et obtinrent de lui de continuer leurs quêtes annuelles à la Charité, qui cependant avait grand besoin de ressources pour faire face à ses charges. En 1743, est-il raconté dans l’Histoire de l’hôpital par Dagier (tome II, p. 109), « des Dames dites de la Charité, ont formé le projet d’établir à Lyon un autre hôpital pour les pauvres incurables ; mais les recteurs et administrateurs s’y opposent. Dans un mémoire qu’ils présentent à sa Majesté, ils exposent le préjudice que cet établissement porterait à l’Hôtel-Dieu ; car, ajoutent-ils, pour peu que les aumônes diminuent, l’Hôtel-Dieu ne sera plus en étal de subsister ».

Les écoles des Filles de la Charité étaient également en butte à de nombreuses difficultés. Il existait à Lyon un bureau des petites écoles, créé en 1679, par l’archevêque, pour administrer les classes de la ville, établies par Charles Démia, fondateur des sœurs Saint-Charles. Cette administration prétendait exercer son autorité sur toutes les écoles de la ville, recevoir les dons, nommer les maîtres et maîtresses. En 1684, à l’occasion d’un legs Langlois, une ordonnance épiscopale reconnut l’indépendance de l’école des sœurs ; un autre décret de 1717, rendu au sujet d’un legs Josserand, de 3.000 livres, en faveur de toutes les écoles de Lyon, obligea le bureau à remettre aux sœurs de la Marmite la seizième partie du legs, et, à l’avenir, de tous les legs qui seraient faits pour les écoles. » Le bureau essaya souvent, dit le biographe de M. Démia, de faire révoquer cette ordonnance, qu’il trouvait injuste à cause de la proportion du seizième attribuée à l’école de Saint-Pierre-le-Vieux ». C’est sans doute pour répondre à une de ces attaques que fut rédigé un mémoire conservé aux archives de la société Sainte-Françoise. Il donne sur les classes les détails suivants : « Les sœurs sont au nombre de sept, entre lesquelles trois sont uniquement employées pour prendre soin de l’école des pauvres filles, qui sont au nombre de 200. Elles ont soin d’attirer dans ces classes toutes les pauvres filles, en privant de la portion qu’on distribue journellement aux infirmes, les pères et mères qui refusent d’envoyer leurs filles à l’école. Les sœurs ne bornent pas leurs soins à les instruire, à les mener à la messe et à confesse ; elles s’appliquent encore à soulager leurs besoins en fournissant aux unes du linge et des habits, et en procurant aux autres des apprentissages aux frais des Dames. »

Nous voici arrivés aux mauvais jours de la Révolution. La communauté est alors gouvernée par sœur Thérèse, pleine d’ardeur et de dévouement. Pendant le siège de Lyon, elle ne quitta point ses pauvres ; s’étant mise à la disposition du conseil siégeant à l’Hôtel de ville, elle rendit des services signalés. Une bombe, lancée par les assiégeants, éclata sur la maison, elle ne voulut pas l’abandonner : » un bon soldat, disait-elle, doit mourir à son poste ». Dans le feu de la persécution, elle s’éclipsa quelque temps, puis, lorsque le calme commença à se rétablir, elle revint à son œuvre chérie. Les archives de la maison