Page:Martinov - De la langue russe dans le culte catholique, 1874.djvu/42

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catholiques du rite grec qui s’étaient fait inscrire au nombre des Latins à l’époque de la grande défection de 1839 ; 2° supprimer le diocèse de Minsk, projet accompli plus tard ; 3° introduire l’usage de la langue russe dans les églises catholiques ; 4° réorganiser les consistoires en y introduisant des commissaires du gouvernement ; 5° réformer les séminaires dans le but de les fermer ; 6° réorganiser l’académie ecclésiastique de Saint-Pétersbourg dans le même but, en la remplaçant par une faculté théologique attachée à l’université etc.[1]. L’ensemble de ces mesures rappelle le Plan d’abolition de l’Église romaine que nous avons publié l’année dernière[2]. Ce qui nous intéresse le plus pour le moment, c’est l’article troisième, relatif à l’introduction du russe dans le culte catholique.

Jusque-là on s’était borné à l’introduire dans l’enseignement religieux des écoles militaires, ce qui remonte à l’époque où celles-ci étaient placées sous la direction du grand-duc héritier, aujourd’hui Empereur. Les autres écoles du gouvernement n’en bénéficièrent qu’en 1868. Mais cela ne suffisait plus. On voulait étendre la même mesure sur l’Église elle-même « Nous voilà bien avancés, disait-on, avec l’enseignement du catéchisme en russe, quand il n’est permis ni de prier en cette langue, ni d’entendre la parole de Dieu ! Quelle inconséquence de s’arrêter en chemin après avoir fait les premiers pas ? » Ces déclamations revenaient sans cesse et sous toutes les formes. L’administration en profita pour aller de l’avant. Toutefois, pour mieux mûrir la question, elle en confia l’examen à la dite Commission spéciale dont le président, M. Storojenko, était considéré comme un des partisans les plus chauds de la russification du culte, s’il n’en est pas l’auteur. En tout cas, la Commission gagna en importance ; Ie nombre des personnes qui en faisaient partie s’éleva jusqu’à vingt, parmi lesquelles se trouvaient M. Dereviski, conseiller d’’État, M. Kouline, inspecteur des écoles, M. Bezsonov, directeur du musée et du lycée, M. Samarine, aide de camp du commandant Baranov, M. Govorski, rédacteur du détestable journal périodique Le Messager de la Russie sud-ouest, M. Koz-

  1. Persécutions en Lithuanie, p. 17.
  2. Un nouveau Plan d’abolition de l’Église romaine en Russie, Paris, Albanel.