Page:Marx - Salaires, prix, profits.djvu/35

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forts salaires résultant d’une hausse précédente. Or, je le lui demande, qu’est-ce qu’un salaire élevé et qu’est-ce qu’un bas salaire ? Pourquoi dire, par exemple, qu’un salaire de cinq schellings par semaine est bas et qu’un salaire de vingt schellings est élevé ? Si cinq est bas en comparaison de vingt, vingt est encore plus bas en comparaison de deux cents. Si un professeur de physique avait à faire une leçon sur le thermomètre et qu’il commençât par déclamer sur les degrés hauts, et les degrés bas, il ne nous enseignerait rien du tout. Il faut qu’il me dise d’abord comment on trouve le point de congélation, le point d’ébullition, et comment ces mêmes points sont établis par des lois naturelles, non par le caprice des marchands ou des fabricants de thermomètres. Or, à l’égard du salaire et du profit, le citoyen Weston a non seulement négligé de déduire les lois économiques de semblables mesures, mais il n’a même pas senti la nécessité de les chercher. Il s’est contenté d’accepter les termes courants de haut et de bas, comme quelque chose ayant une signification fixe, et pourtant il est de toute évidence que l’on ne peut qualifier le salaire de haut ou de bas que si on le compare à un étalon d’après lequel on mesure sa grandeur.

Il ne pourra pas me dire pourquoi une certaine quantité d’argent est donnée pour une certaine quantité de travail. S’il me répondait que cela est établi par la loi de l’offre et la demande, je lui demanderais en premier lieu, quelle loi règle l’offre et la demande elles-mêmes. Et une telle réponse le ferait débouter immédiatement. Les rapports entre l’offre et la demande du travail chan-