Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/126

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Depuis la fuite de son époux, elle vivait dans la retraite, s’obstinant à n’être pas consolée. Si elle n’en était plus à cet accablement des premiers jours, et si le temps avait insensiblement ramené un peu de calme dans son cœur, la visite de Siddhârtha allait rouvrir une plaie douloureuse. Elle n’oubliait pas, cette veuve dont le mari était vivant, que, belle et jeune, on l’avait abandonnée, la condamnant à d’éternels regrets.

Les femmes, qui s’arrogent si volontiers le droit de faire souffrir, ne pardonnent guère les souffrances qu’on leur cause, et l’on peut juger de la violence de leur amour à la profondeur de leur ressentirent.

Gôpâ eût mieux fait de suivre le conseil de la tante Gautamî et d’écouter la loi. N’en plaignons pas moins celle qui souffre et pleure, tandis que chacun se réjouit sous les ombrages des Nyagrôdhas.

Les enfants des plus nobles familles marchaient en tête du cortége ; ils offrirent des parfums et des fleurs au solitaire. Choisir l’innocence comme intermédiaire auprès du plus pur des êtres, c’était une pensée délicate.

Toutes les princesses et les princes Sâkyas, étincelants de parures, vinrent dé-