Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/127

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filer devant l’ermite, avec un profond salut ; sur ces cœurs orgueilleux le prestige du rang agissait plus que celui de la sainteté. Quelques-uns murmurèrent de voir tant d’honneurs rendus à un parent plus jeune qu’eux. Oser invoquer l’étiquette des cours à l’égard de celui que les dieux reconnaissaient pour maître ! voilà bien le fait de ces cousins qui, dans tous les siècles et sous toutes les latitudes, ont jeté le trouble dans les familles.

Le peuple était ravi ; il se sentait relevé aux yeux des classes supérieures, et ne se lassait pas de contempler ce fils de roi qui avait voulu devenir pauvre.

« C’est bien lui ; nous le reconnaissons, » disaient les femmes de Kapila, les mêmes qui avaient concouru pour obtenir la main du prince. « Le manteau de religieux lui sied aussi bien que jadis la robe royale. »

Et plus d’une se penchait vers son enfant, pour cacher l’émotion éveillée par ce souvenir.

L’opinion publique tourne facilement, et, dès le lendemain, les habitants de Kapila en fournirent la preuve.

Le soleil éclairait à peine les rues de la ville : quelques personnes matinales aperçurent le Bouddha, suivi de ses religieux,