Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/158

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


maine, et faire preuve d’une délicatesse que des réformateurs plus modernes n’ont pas toujours pratiquée.

Les Tîrthyas, ces philosophes voués aux macérations, qui avaient été jusqu’alors l’objet de la vénération du peuple et des libéralités des grands, s’émurent des progrès du Bouddhisme. Six d’entre eux, qui tenaient école à Râdjagriha, délibérèrent sur les moyens de réduire à néant une puissance si menaçante[1]. Les six instituteurs ne savaient pas grand’chose ; mais ils s’imaginaient tout savoir. Le démon Mâra agissait furtivement sur eux, et les poussait à défier le Sramana Gautama dans un étrange combat ; ils résolurent de lutter avec Sâkya dans l’art d’opérer, par une puissance surnaturelle, des merveilles supérieures à ce que l’homme peut faire. Ces merveilles figurent-elles l’éloquence qui devait être déployée dans ce différend ? Cela est douteux : les Tîrthyas n’étaient pas aussi forts qu’Aristote, et le Bouddha s’en tenait à une dialectique puérile qui fait parfois sourire M. Barthélemy Saint-Hilaire. Il n’y a donc là qu’une scène de fantasmagorie,

  1. Voy. E. Burnouf, Introduct. à l’Histoire du Bouddhisme, p. 162 et suiv.