Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/178

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les bayadères modernes ont gardé le secret ; personne ne connaissait mieux qu’elle les diverses manières d’émouvoir les hommes. Mais, chez cette femme remarquable, l’instinct maternel était peu développé. Le petit enfant abandonné, recueilli par Bimbisâra, n’était autre que Djivaka, le fils d’Amrapalî. Elle eut aussi une fille qu’elle garda près d’elle, et dressa, avec succès, au culte du dieu de l’amour.

Les idées religieuses n’avaient pas trouvé place dans une carrière si remplie. Après un quart de siècle consacré à la galanterie, l’isolement commençait à se faire autour de la courtisane vieillie. Songer, en ce moment, à donner à la vertu les restes du diable, n’était peut-être pas un sacrifice très-méritoire. Le Bouddha n’en accueillit pas moins le repentir de la pécheresse, comme il avait accueilli celui du parricide Adjâtasatrou.

Amrapalî avait toute la ferveur des jeunes néophytes ; elle crut expier ses fautes passées en offrant son magnifique parc pour l’usage des religieux. Plusieurs fois elle eut l’honneur de recevoir le maître à sa table ; avant de quitter Vaisali, il daigna faire ses adieux à cette brebis, entrée si tardivement au bercail.

En apprenant, de la bouche même de