Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/19

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puis le désir, et le péché couronna l’œuvre. La pudeur suivit de près la faute. Pour ne pas scandaliser leurs semblables, les hommes se dirent : « Bâtissons-nous des demeures ; là nous serons cachés, et nous ferons ce qui nous plaira. » Et c’est ainsi, selon les Bouddhistes, que furent bâties les premières maisons pour abriter les premières amours.

Ces esprits, devenus si sensuels, acquirent bien vite la prévoyance inhérente au caractère de l’homme. Il fallait travailler, ensemencer la terre, pour lui faire produire la subsistance de la famille. On mesura des champs, on traça des limites, on les divisa en parts égales ; la propriété était constituée. Mais il se trouva aussitôt des paresseux qui se révoltèrent contre la loi, et jugèrent commode de prendre le riz que les autres avaient laborieusement récolté. Dans toute société ces idées-là n’attendent pas longtemps pour éclore. Il était urgent de conjurer le péril. Les habitants du monde nouveau se réunirent en assemblée délibérative et choisirent un chef pour les gouverner, pour être le seigneur de leurs champs, infliger un châtiment à ceux qui devaient être châtiés, et venir en aide à ceux qu’il fallait aider. Mahâsammata (c’est-à-dire honoré par la foule) fut l’élu du suffrage universel ; il parut à ces hommes naïfs qu’un roi était ce qu’il y avait de mieux