Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/62

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gage dans la bouche d’un cocher ; les dieux daignaient le lui inspirer ; eux seuls avaient déjoué la surveillance du roi et préparé ces trois rencontres. Quant à l’ignorance du futur Bouddha à l’endroit des choses de la vie, n’est-ce pas l’usage, même en Europe, de cacher aux princes le spectacle des misères humaines ? Souddhôdana était plus que personne intéressé à agir ainsi ; il se souvenait des prédictions faites par les astrologues, et redoutait la vocation religieuse de son fils.

Mais le prince hésitait encore. Que de liens à briser pour en venir là ! Et ce vieux père qui comptait sur lui pour gouverner un jour Kapilavastou ! et cette douce Gôpâ, si aimante et si pure ! n’allait-il pas leur déchirer le cœur ?

Rien n’échappe à la tendresse d’une femme. Les luttes du sage, la princesse les devinait jusque sous les caresses de l’époux. Une nuit, elle rêva que sa chevelure était mêlée par sa main gauche, que son diadème tombait, que ses colliers et ses parures jonchaient le sol. S’éveillant aussitôt, elle fondit en larmes, et, comme une colombe tremblante, se jeta entre les bras de Siddhârtha pour être rassurée et consolée.

« Au lieu de pleurer, réjouis-toi, Gôpâ,