Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/69

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Vaisali. Vers le matin, il s’arrête sur les bords de la rivière Aumi, ayant fourni un trajet de trente yôdjanas, c’est-à-dire environ quarante lieues. Le Bôdhisattva congédie l’écuyer avec le cheval ; ne faut-il pas que Tchandaka s’empresse d’aller rassurer ceux qui s’inquiètent de la fuite de Siddhârtha ? Le voilà seul, au milieu du désert ; mais il manque à ce fils de roi les misérables objets nécessaires à un religieux : le vêtement rougeâtre, le vase aux aumônes, le couteau, l’aiguille, le filtre et la ceinture. Heureusement les dieux sont toujours là, et l’un d’eux, déguisé en chasseur, vient apporter la robe rouge qui, aujourd’hui encore, est le vêtement des religieux bouddhistes. À défaut de ciseaux, le prince saisit son épée de la main droite, et, tenant sa chevelure de la main gauche, il coupe résolûment ces boucles qui faisaient l’admiration des femmes de Kapila ; la barbe et les sourcils, objets de vanité, sont rasés de même ; le brillant jeune homme a disparu, et Siddhârtha se penche vers le fleuve qui lui renvoie l’image austère d’un Mouni. Un Tchaitya[1] fut

  1. Espèce de chapelle ; on en a élevé dans tous les lieux où s’accomplirent les événements remarquables de la vie du Bouddha.