Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/78

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a tracé, de lui-même, à cette époque, un curieux portrait : « Mes côtes, dit-il, devinrent aussi saillantes que les pattes d’un crabe, et mes articulations aussi visibles que les nœuds de la plante asitaki[1] ; mon épine dorsale ressemblait au tissu inégal d’une tresse, le crâne de ma tête à une gourde fanée et la prunelle de mes yeux creux à une étoile réfléchie au fond d’un puits. La couleur brillante de ma peau disparut pour faire place à une teinte bleuâtre, et les gens du voisinage se moquaient de moi, disant : « Voyez donc le beau Sramana[2] ! il a maintenant la couleur du poisson madgoura, on le prendrait pour un esprit des cimetières. » Les enfants impitoyables jettent des pierres au malheureux qui n’a plus la force de marcher ; et, telle est la puissance de la forme, que l’intelligence qui réside dans ce corps affaibli n’inspire nulle confiance aux disciples. Comme ce malade qu’il avait vu couché sur la route de Kapila, Siddhârtha semblait une proie toute prête pour la mort. Le roi, instruit du triste état de son fils, envoyait chaque jour des messagers à Ourouvilva. Dans le ciel, Mâyâ

  1. L’indigo.
  2. Ascète ou religieux mendiant.