Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/79

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s’émut, et, retrouvant pour un instant la figure et les entrailles maternelles[1], elle descendit sur la terre, suivie d’une troupe d’Apsaras. « Eh quoi ! s’écria-t-elle, ô mon fils unique, tu vas donc mourir dans la forêt ? qui donc te redonnera un peu du souffle de vie ? »

Les dieux inquiets proposent au Bôdhisattva de lui faire pénétrer de la vigueur par tous les pores, et sans prendre aucune nourriture, il retrouvera ainsi l’éclat et la beauté. Mais ce serait une fraude à laquelle le plus pur des êtres ne saurait se prêter. Il a foi dans son étoile : il doit vivre pour sauver les hommes ; seulement il s’aperçoit qu’il a fait fausse route. À quoi sert de dompter les sens, si le corps épuisé n’a plus la force d’agir ? Puisqu’il le faut, le solitaire mangera des pois, du riz, de la bouillie, comme un homme ordinaire. Ce changement de régime achève d’enlever aux disciples toute considération pour leur maître, et ils l’abandonnent, le prenant pour un insensé qui ne sait ce qu’il veut. Le Sramana courait grand risque de mourir de faim ; heureusement la compassion féminine veillait

  1. Après sa mort Mâyâ avait transmigré pour prendre la figure d’un dieu du Touchita.