Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/82

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mit immédiatement en marche vers Bôdhimanda, où se trouvait l’arbre sous lequel il devait obtenir l’Intelligence suprême. Les dieux l’escortent pendant toute la route, et ont pour lui les plus aimables attentions : tantôt déployant un parasol au-dessus de sa tête, tantôt faisant surgir un étang pour rafraîchir l’air. Chemin faisant, le Bôdhisattva achète à un marchand d’herbe quelques poignées de gazon pour en faire un tapis. L’emplette n’est pas inutile ; il restera longtemps sous le figuier sacré et y livrera de rudes combats. Le voilà installé sous son arbre et sur son tapis, les jambes croisées, attendant les dieux ses amis et les démons ses ennemis.

Ici on pourrait trouver quelque analogie avec le Paradis perdu de Milton. Mâra, le démon, auquel chacun obéit dans l’univers, ne peut se résigner à voir un mortel échapper à sa puissance. Dès que le sage aura obtenu l’Intelligence suprême, impossible d’avoir sur lui aucune prise. Il faut donc se hâter et prendre des mesures énergiques. Mâra assemble son conseil : les démons blancs qui siégent à droite, et les démons noirs qui siégent à gauche. Les blancs, cela va sans dire, sont beaucoup moins pervertis que les noirs. Les