Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/81

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se cache un grave enseignement. Le religieux ne possédera rien en ce monde ; au besoin, il se vêtira de la dépouille des morts, et ne rougira pas de descendre aux plus humbles travaux. C’est le mépris des richesses poussé aux dernières limites.

Parmi les charitables filles d’Ourouvilva, il y en avait une fort dévote qu’on appelait Soudjâtâ (Eugénie). Voulant faire une offrande au Sramana, elle choisit mille vaches dans les plus gras pâturages ; avec leur lait, elle en nourrit cinq cents autres ; le lait fourni par ces dernières fut employé à nourrir deux cent cinquante vaches, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il restât seulement huit vaches. Leur lait concentré servit à préparer une soupe au riz et au miel. Nous ne recommandons pas la recette aux ménagères économes.

Un matin, Soudjâtâ porta au solitaire ce potage, à la confection duquel les dieux avaient présidé, et qui exhalait une odeur appétissante. Avant de manger, Siddhârtha se baigna dans la Nairanjana ; ce n’était pas superflu : il y avait six ans que pareille chose ne lui était arrivée. Réconforté par le bain et la nourriture, il reprit toute sa vigueur, et en lui reparurent les trente-deux signes du grand homme. Il se