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avant-propos

Né fiers que fiers !

« Meilleures sont les aigreurs et les pointures de l’ami que les baisers du flatteur », dit Montaigne.

Il est de bonne guerre de dauber les travers et les ridicules, de berner les Jocrisses, de donner des coups d’épingles dans les vessies. C’est dans le tempérament de la race. Le Français est né malin.

Oh ! je n’appréhende pas que les traits décochés par ma fantaisie blessent bien grièvement. Chacun se flatte d’entendre à rire, ce qui revient à dire qu’on a assez de philosophie pour se passer de susceptibilité. Au surplus, ces pointes ne sont guère acérées et, encore un coup, elles ne sont point empoisonnées. Il serait du dernier plaisant d’entendre taxer de dénigrement l’humoriste à qui vient le caprice de lâcher la bride à son dada. Autant en emporte le vent… nordet !

Pour résumer, le livre que voici s’adresse aux gens d’esprit. Des autres, cure n’ai !