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avant-propos

à nous instruire. Mais ne convient-il pas aussi, de fois à autre, de débander l’arc. S’il fallait, pour danser, attendre que fortune chantât !…

L’auteur se défend de donner dans la satire corrodante… ou si peu. Quand il lui arrive de railler, c’est sans amertume, sans fiel. Taquin, gouailleur, brouillon, frondeur, iconoclaste, fort bien, mais hargneux, fi donc !

Aussi, qu’on ne cherche pas, dans ce livre, de personnalités, de coups de boutoir à l’adresse d’un tel ou d’un tel. L’auteur a d’autant moins de mérite de les avoir évités qu’il a la prétention de n’être point méchant. Rosse, parfois, féroce, jamais !

Certes, il ne manque pas, le long de la vie, de types à caricaturer, de faux bonshommes qui prêtent à la charge, de farceurs qui méritent d’être fouaillés, ils n’intéressent pas l’auteur d’À vau-le-nordet.

Ce livre épilogue sur les gens, les choses, les événements, les idées, les travers, au point de vue collectif et sans viser personne en particulier. L’auteur s’est fait un point d’éthique de ne pas poser d’étiquettes sur les individus.

Au reste, on ne donne de bourrades qu’à ses amis, on ne taquine que ceux qu’on estime, on ne fait pas aux drôles ou aux sots l’honneur de la plaisanterie.